Étiquette : Total

Chrome Hexavalent dans la CARENE

INERIS a publié début 2020 une très intéressante étude de 80 pages

EXPOSITIONS AU CHROME HEXAVALENT
Synthèse des données disponibles :
sources, émissions, exposition et toxicité pour l’homme.

Document stabiloté par mes soins associé à un doc sur les Valeurs Toxicologiques de Référence (VTR)

La page 43 , sur base des quelques études et mesures disponibles,  conclut clairement à la possibilité de niveau de risques préoccupants: Sur la base des déclarations que doivent faire les industriels au regard de la réglementation européenne REACH ( cf article), une première carte des émetteurs dans la CARENE et alentours a pu être dressée.

Au regard des vents dominants, on peut constater que les communes de Trignac et Montoir-de-Bretagne sont très concernées ainsi qu’une grande partie de Saint-Nazaire.

Par vents de Nord-Est (30%), il n’est pas exclus que Pornichet et La Baule soient impactées par les sites implantés dans la zone de Brais-Pebras.
Par vents de Sud-Est, moins fréquents (6%), Saint-André des Eaux également.

A noter aussi que la commune voisine de Malville est très concernée par deux entreprises sous-traitantes d’Airbus.

Point pas très rassurant : il semblerait que deux sous-traitants d’AIRBUS n’ont pas déposé de dossier auprès de la DREAL au titre des ICPE !

A noter, d’autres entreprises n’utilisant pas des peintures chromatées soumises à la réglementation européenne émettent des particules de Chrome VI.

  • La raffinerie TOTAL en émet chaque année une vingtaine de Kg, soit en moyenne 2.4 g/h n ce qui est supérieure au flux des émissions connues d’AIRBUS
  • Les travaux sur les métaux des Chantiers sont également émetteurs en grande quantité, mais les mesures manquent.
  • L’entreprise de Ciments EQIOM, serait très fortement émettrice. Des mesures dans ses rejets ont détecté des flux de 2g/h ! Il serait intéressant de regarder aussi les émissions de LAFARGE à Trignac et de toutes les centrales à béton du bassin nazairien.
  • L’entreprise GDE, broyeuse de métaux est émettrice de Chrome Total avec par exemple un flux de 0,93g/h en 07/2019 dont on pourrait considérer qu’un pourcentage ( 10% à 30%) serait du Cr(vi)

Au vu de ces chiffres, il devient important (et urgent) de mesurer très régulièrement et en plusieurs points de la CARENE, les concentrations dans l’air que nous respirons de ce très dangereux chrome VI.
Les particules fines et ultrafines doivent l’être aussi et doivent être analysées pour connaître les concentrations en métaux lourds ( Arsenic, Cadmium, Nickel, ..) qui sont émis en grande quantité par nos industries ( navale, aéronautique, éolien ..) en particulier lors des travaux de traitement de surface et de soudure.

BIT – Raffinage du pétrole

le BIT Bureau International du Travail

Page d'accueil du BIT

Chapitre 78 – Le raffinage du pétrole

http://www.ilocis.org/fr/documents/ilo078.htm

 

Les analyses destinées à déterminer la concentration des substances ci-après peuvent être réalisées avec des instruments portatifs ou fixes:

Oxygène . Le fonctionnement des appareils de mesure des gaz combustibles est basé sur la combustion d’une infime quantité de l’atmosphère analysée. Pour une mesure précise de la teneur en gaz combustibles, l’atmosphère analysée doit contenir au moins 10% et au plus 25% d’oxygène. La teneur en oxygène de l’atmosphère est déterminée à l’aide d’un oxygénomètre avant que l’on ne procède à la mesure des gaz combustibles ou en même temps. La connaissance de la teneur en oxygène est indispensable lorsqu’on travaille dans des espaces confinés ou clos. En effet, un taux normal d’environ 21% d’oxygène est nécessaire pour qu’on puisse se dispenser d’une protection respiratoire (à condition que l’atmosphère soit exempte de substances toxiques). Les oxygénomètres servent aussi à mesurer la teneur en oxygène dans les atmosphères inertes, afin de s’assurer que cette teneur est suffisamment basse pour exclure toute combustion lors de travaux à proximité de pièces portées à haute température, par exemple.

Gaz et vapeurs d’hydrocarbures . Les pièces portées à haute température peuvent constituer une source d’inflammation en présence de vapeurs ou de gaz inflammables. C’est notamment le cas lors des travaux de soudage, de découpage, de meulage, de sablage et de l’utilisation d’un moteur à combustion interne. Avant d’entreprendre de tels travaux, on contrôlera au moyen de détecteurs de gaz combustibles que la concentration des vapeurs d’hydrocarbures dans l’atmosphère ne présente pas de danger. En effet, les gaz et les vapeurs d’hydrocarbures ne peuvent s’enflammer et brûler dans l’air que s’ils sont présents dans certaines proportions bien déterminées. Si la concentration est insuffisante, on dit que le mélange est trop pauvre pour pouvoir brûler; en revanche, si elle est trop élevée (trop peu d’oxygène), le mélange est dit trop riche. Les concentrations limites sont appelées «limites inférieure et supérieure d’inflammabilité» et sont exprimées en pourcentages (volumétriques) de vapeurs dans l’air. Chaque hydrocarbure ou mélange d’hydrocarbures a des limites d’inflammabilité différentes, situées en général entre 1 et 10%. Ainsi, les vapeurs d’essence ont des limites inférieure et supérieure qui se situent à 1,4% et 7,6%, respectivement.

Atmosphères toxiques . On utilise des instruments spéciaux pour mesurer les concentrations de gaz, de vapeurs et de matières particulaires dangereuses dans l’atmosphère des lieux de travail et en déduire le type et le niveau de protection nécessaires (ventilation avec renouvellement complet de l’atmosphère, port d’un appareil de protection respiratoire et d’un équipement de protection individuelle, etc.). Les substances dangereuses auxquelles on peut être exposé dans les raffineries comprennent l’amiante, le benzène, le sulfure d’hydrogène, le chlore, le dioxyde de carbone, l’acide sulfurique, l’acide fluorhydrique, les amines et les phénols.

 

 

Commentaire – consultation publique – stockage souterrain de Donges

Tous les 2 ans, nos voitures doivent réussir les tests du « Contrôle technique Automobile » qui intègre régulièrement des évolutions.
A défaut elles doivent être  mises aux « nouvelles normes ». si leur propriétaire souhaite continuer à les utiliser.

Vu les enjeux, on ne peut que penser qu’il en est de même pour les installations de stockage souterrain de propane et la demande de prolongation de stockage de TOTAL Donges.

La lecture du document dra-13-133158-12929a–2016vf-1454582824 réalisé par l’INERIS en 2013, intitulé  « Règles méthodologiques applicables aux études de danger des stockages souterrains », s’appuyant sur l’accidentologie et les retours d’expérience des années 1970-2010 souligne la nécessité de réviser l’EDD au minimum tous les 5 ans et indique les situations à anticiper.

La page 49 indique deux types de phénomènes dangereux:

  • le rejet de gaz en surface
  • l’effondrement brutal de la surface du sol consécutif à un éboulement d’un ouvrage ( cavité ou galerie de liaison).

 

Concernant le risque de remontée de gaz,
pouvez- vous confirmer que toutes les Mesures de Maitrises de Risques (MMR) prévues par la circulaire de 2010 au paragraphe 1.2.10.C  sont appliquées ? (cf §5.1.2.4.1)

Concernant le risque d’effondrement brutal, le §5.1.2.4.2 indique pour les cavités minées ( cas de Donges) que Le phénomène d’effondrement généralisé peut être exclu si le rapport D/P est inférieur à 0,5, P étant la profondeur de la cavité et D la plus petite extension horizontale du stockage (Figure 11) ou si le taux de défruitement (voir définition ci-après) est inférieur à 50%.

Or en regardant la notice de la consultation, page 17, il apparait que  P est égale à 112m et que D est égale à 16,5 + 36 + 16,5 soit  69 m.
Ce qui donne un rapport de D/P = 69/112 = 0,61 qui est donc supérieur à la valeur rassurante 0,5.
Le calcul du taux de défruitement  ne peut être fait précisément car la surface au sol des galeries de  jonction n’est pas indiquée.
Cependant en considérant que chacune des 4 galeries de jonction a une largeur de 2,5m ,
alors le taux de défruitement est de 52% , donc supérieur au seuil de 50%.

 

Concernant le risque d’effondrement localisé il est précisé : Le phénomène d’effondrement localisé peut être exclu si le rapport P/H est supérieur à 15, P représentant la profondeur du toit de la cavité minée et H l’ouverture de cette cavité.

Or dans le cas de la caverne de DONGES , P = 112 et H = 22 , donc P/H = 5  et donc ce n’est pas > 15 .

 

Ces calculs démontrent que le risque d’effondrement de la caverne ne peut pas être exclu , au regard de ses dimensions, sans doute liées à la période de sa construction.

Je vous saurai gré de communiquer  les mesures qui sont prises, en particulier les mesures de surveillance, pour que  – conformément à la page 51 du doc Inéris – le préfet mais aussi la population soient informés au moins 24 heures avant que le phénomène ne débouche en surface.

Je note que l’Etude des Dangers (EDD)n’est pas communiquée  dans la notice.
Vu les risques identifiés,  c’est plus que surprenant au regard du droit à la communication des informations environnementales.

 

Stockage souterrain de gaz à Donges – Règles méthodo Inéris 2013

Suite à la demande de TOTAL de prolonger de 25 ans une installation qui en a déjà 45 !

issu de www.ufip.fr/uploads/img/A0.pdf

notice_d_impact-6

Plongeons nous dans les travaux d’INERIS de 2013.

Règles méthodologiques applicables aux
études de danger des stockages souterrains ( 2013)
rapport-signe-dra-13-133158-12929a–2016vf-1454582824

page 9/77  cadre réglementaire

A ce titre, les exploitants sont tenus notamment de :

  •  remettre une étude de dangers à la demande d’autorisation d’exploiter,
  • réviser cette étude de dangers au minimum tous les 5 ans,
  • mettre en place dans leur établissement un système de gestion de la sécurité,
  • établir le plan d’opération interne et fournir les éléments permettant aux
    autorités d’élaborer le plan particulier d’intervention.

Y-a-t-il eu des actualisations de l’EDD tous les 5 ans ?

page 10 différents types

le stockage en cavités minées : ce type de stockage est constitué d’un réseau de chambres creusées en profondeur, par des techniques minières, dans une roche compétente à une profondeur et dans des conditions hydrogéologiques garantissant le confinement du produit. Il est utilisé pour
stocker des produits liquides ou liquéfiés (propane, butane).

 

Selon Storengy https://www.storengy.com/fr/nos-metiers/le-stockage-de-gaz-souterrain/nos-types-de-stockage

Les cavités minées revêtues sont une technologie innovante de stockage de gaz naturel à haute pression et faible profondeur dans des cavités excavées à l’intérieur d’un massif rocheux. Elles sont intérieurement revêtues d’un liner, une paroi d’acier spécial haute tenue mécanique.
Est-ce le cas des cavités de Donges ?  vu leur âge , on peut en douter..

 

page 11 localisation des sites en France en 2011

Quid des “Meilleures Technologies disponibles” ? évolution depuis 1977 ?

Page 23

Page 49

Les pages 50 et suivantes indiquent les mesures qui doivent être prises face à ces risques

Au vu de la notice publiée le D= 69 m et le P = 112 m donc D/P = 0,62   ce qui est > 0,5 !!
il faut donc regarder le “défruitement” qui, si j’ai bien compris, serait proche de 0,5 au vu de l’espace entre les longues galeries et de la largeur des galeries de jonction dont la section n’est pas malheureusement pas indiquée !

le rapport P/H donne 112/(134-112) = 112/22 =5,1  qui est bien inférieur à la valeur nécessaire (15) pour exclure le risque d’effondrement localisé.

les zones à risques , selon Inéris 2016, installations de surface au vu des pressions, et des ouvrages d’accès et interfaces entre le stockage et la surface,  ne sont pas décrites  et “curieusement confidentialisées”.

Après 50 ans, il est cependant très probable qu’il y a eu un vieillissement et des dégradations des équipements des puits !!

On se demande pourquoi les équipements de sécurité / protection de l’environnement sont classés “confidentiel”

et

de même pour les meilleures techniques disponibles ?

Là, une réponse vient immédiatement à l’esprit. la première mise en service date de 1977 ,  déjà 43 ans . et on veut le faire durer encore 25 ans  => 68 ans.

 

Vétusté  – Non conformités

Il est  évident que ces installations ont été construites en respectant les normes et état de l’art des années 70 et  surtout qu’elles ont vieilli. !

Or la notice de la consultation ne donne aucune info sur la vétusté, l’obsolescence, la durée de vie et la maintenabilité des équipements !

Des explications sur les éventuels écarts avec les exigences actuelles, ( cf doc Inéris de 2013 et 2016) ainsi que sur les “rénovations” entreprises ou à réaliser sont indispensables !

Exemples :

Y a t il deux vannes de sécurité par ouvrage d’accès  ?

Qu’en est-il des risques d’effondrement généralisé ou localisé et des mesures de prévention associées ? (cf doc Inéris EDD 2013 et calculs ci-dessus)

Changement climatique

Le réchauffement climatique, déjà visible ces derniers années notamment sur la sécheresse et les températures dans la région , peut conduire à une réduction des nappes phréatiques et potentiellement à diminuer leur contribution à la pression qui maintient le propane dans la cavité.
Quelle mesures pourraient être prises ?
Demande : réduire la durée de prolongation de 25 ans à 5 ans.

EDD étude de danger

Le décret d’autorisation de 2001 prévoit un ré-examen tous les 4 ans.
Curieusement on peut constater que l’arrêté d’autorisation n° 2019/icp/16prévoit que la prochaine étude de danger relative à la caverne de propane est prévue en 2018 !?

De plus, le § 7.2.2 relatif à l’EDD indique  “Confidentiel” .

De quand date la dernière EDD ?
Est-celle conforme aux règles Inéris de 2013 ?

Il importe qu’une telle étude soit faite et analysée en profondeur, par les services de l’Etat avant toute prolongation.

Évolution des émissions de polluants dont les COV

La Directive Européenne NEC  impose un programme de réduction de SO2, NO2 , COVNM, NH3.
La France va devoir prochainement l’intégrer dans son droit.

Il convient donc de s’assurer que la Raffinerie planifie sa nécessaire contribution à la baisse des émissions de polluants.

A noter, qu’il faut un certain “culot” pour se féliciter d’une baisse d’émissions de COV, sur une très longue période de 1997 à 2016 , tout en mentionnant en note de page qu’elle est due au changement de modèle d’estimation, en faisant le choix de la méthode CONCAWE (définie par l’industrie pétrolière) !

Selon AIRPays de Loire, les émissions de COVNM n’ont baissé que de 26% entre 2008 et 2016:

De plus, il a été constaté que les différentes études des concentrations de COV dans l’air , que ce soit celles de Air Pays de Loire ou celle de l’état des milieux IEM du projet Horizon étaient faites sur des périodes très courtes (en général une semaine) et étaient très dépendantes du vent et donc leur crédibilité statistique est remise en cause.
cf https://pollution.ott.fr/2020/05/26/donges-total-interpretation-de-letat-des-milieux/

La mise en place d‘au moins 2 stations avec des capteurs et analyses en continu d’une trentaine de COV, dont les plus dangereux et cancérigènes , comme à Feyzin et Rouen est impérative pour avoir une bonne vision de la réalité de la pollution industrielle autour de la raffinerie.