Catégorie : Santé

Communiqué de presse Etude de zone : Les 10 points noirs pas rassurants du tout

Suite à la réunion du Comité d’Orientation stratégique de l’étude de zone en date du 28/01/2026, un  communiqué de presse de la préfecture a été rapidement publié avec des rapports des phases 3 et 4.

Les mots fétiches, magiques fréquemment utilisés par la DREAL sont là :
« Transparence totale » et « Résultats Rassurants ».

 10 points que nous n’hésitons pas à qualifier d’inquiétants :

1) La présentation par Santé publique France(SpF) du premier rapport du projet Bassins Industriels et Santé (BIS) réalisé en partenariat avec INERIS, n’est pas citée dans le Communiqué de Presse(CP).
INERIS qualifie d’exposées les communes qui avaient été proposées par les associations au début de l’étude de zone,  avec  l’inclusion de Saint-Brévin. On ne trouve pas Pornichet car INERIS n’a pas intégré la zone industrielle de Brais dans le Bassin industriel nazairien.

Même avec son habituelle prudence, les messages de SpF sont clairs en termes de sur-risques et de besoins de base de données d’émissions exhaustives et précises.
La formulation insistante utilisée par SpF permet de penser qu’elle craint de ne pas disposer en temps utile des données nécessaires.
Rien de nouveau pour les associations qui demandent depuis 2019 la mise en place de plans de surveillance mesurant en quasi-continu les polluants industriels les plus dangereux.
 

2) Non-transparence : Aucune mention de la faible représentativité des mesures de polluants dans l’air à cause d’une durée minimale, d’un très petit nombre de site / surface et nombre d’émetteurs et de conditions météorologiques différentes d’une année entière :  manque 40% de  vents du Sud-Ouest !!

Rose des vents air Métaux 4 périodes manque 40% Sud Ouest

La durée de 8 semaines est soi-disant justifiée par un guide INERIS « Surveillance dans l’Air autour des installations classées » n°201061-2172207.
Problème ! Le guide indique explicitement qu’il traite Un site ICPE et qu’il ne traite pas la surveillance pour une étude de zone. A noter que l’incertitude relative sur la valeur moyenne est de 42% lorsque la durée de mesures est de 8 semaines
cf Une durée de 8 semaines – incertitudes

3) Echec dans les mesures de Chrome VI. Il n’est pas mentionné dans le CP alors que ce polluant est cancérogène sans seuil. Sur les quatre sites de mesures, le Chrome VI a été détecté mais non quantifié.

Rien de surprenant au regard de l’existence de norme inadaptée, de techniques de prélèvements et des analyses non standardisées et défaillantes comme cela a été rapporté par l’Etude INERIS demandée par AIRBUS Atlantic Saint-Nazaire suite au dépassement hors norme ( X 100 ) de mai 2025 pour les rejets de cet établissement.
Le rapport a enfin été mis à disposition le 4 février 2025 (dans le cadre la super-transparence différée) INERIS Analyse critique des méthodologies – AIRBUS SN – Version anonymisée
Dans la conclusion qui constate l’extrême variabilité, on relève que la norme devant cadrer et fiabiliser la mesure n’est pas pertinente et que les bureaux d’études utilisent « leurs » méthodologies. Aucune d’elles n’est indiquée comme meilleure que les autres. !  

Pire, il est mentionné (page16) qu’elles ne mettent pas en œuvre les dispositions visant à stabiliser le Cr VI.
En clair, leurs choix contribuent à favoriser la transformation en Cr III et donc à diminuer la quantité de Cr VI.  C’est tellement simple qu’il est difficile de croire que ce n’était pas un choix volontairement arrangeant.
En d’autres termes, la prescription préfectorale, fait croire que les rejets et la filtration de Cr_VI sont mesurés, surveillés, contrôlés et on s’aperçoit que les « thermomètres » utilisés ne sont pas ni normalisés ni fiables.  

Dès lors, on peut penser que les techniques de prélèvements et d’analyses en laboratoires utilisées par Air Pays de la Loire peuvent aussi être inadaptées, tout en notant qu’il s’agit de mesure en extérieur et non pas sur des cheminées. Quoi qu’il en soit, on ne peut que s’étonner que le sujet « chrome VI » n’ait pas été traité lors du COS. 

4) AIR – Une formulation « absconse » – « Une influence des activités humaines sur la qualité de l’air ambiant sur la majorité des polluants (39/46) » .
Une telle phrase chercherait-elle à « noyer le lecteur » sans oser expliciter la situation ?
Difficile d’en comprendre le sens , sans avoir lu le rapport d’Air Pays la Loire, en entier ou à minima sa conclusion qui est fort claire :   

Il n’y a pas de dépassement de seuils par rapport aux recommandations de l’OMS quand elles existent sauf pour les particules PM2.5 et PM10, mais il y a des écarts marqués avec le site témoin parmi les Composés Organiques Volatils, les métaux, les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), polluants plutôt dangereux émis dans le bassin industriel.
 
Une addition de polluants peu rassurante au regard de leur dangerosité 
Quelques exemples de ce que l’on trouve ailleurs ! 

Ecole LAMARTINE  sous influence de la zone industrialo-portuaire
                      NO2 : 3 fois plus que le site témoin 
                      Métaux : Site qui a la plus forte concentration pour l’Arsenic, le Mercure particulaire,  
                      COV   : le 1,3–butadiène, cancérogène 
                      HAP : le pyrène

La Ville Heulin : sous influence zone de Brais  : 
                        COBALT 38 fois le site témoin , Nickel 5 fois le site témoin, Chrome                       

La salle Jean Moulin, proche de l’école Albert Vinçon
                     des métaux à foison : cadmium, chrome,  Plomb, Arsenic,  Nickel, 
                     un COV cancérogène le 1,3–butadiène  ( 3 fois le site témoin)

Oui, le communiqué n’ose pas le dire clairement, il y a bien des polluants industriels dans les airs, des Composés Organiques Volatils, des Hydrocarbures aromatiques polycycliques, des métaux lourds , qui souvent sont dangereux pour la santé, et qui la plupart du temps ne sont pas associés à des seuils réglementaires ou recommandés.
Quand les seuils réglementaires existent, ils sont souvent obsolètes par rapport aux impacts sanitaires . Exemple le seuil des PM2.5 par rapport aux recommandations OMS.

Problèmes :

  • l’addition de tous ces polluants industriels mesurés avec ou sans « valeur réglementaire ».
  • La communication dans le cadre du Contrat local de santé Intercommunal (CLSI) – ARS et agglomération – se focalise sur la qualité de l’air intérieur. Très bien pour des communes éloignées comme Saint-Joachim. Très insuffisant pour les communes intégrées au bassin industriel, dans lesquelles la purification de l’air intérieur devrait  être développée.
  • Absence de plan de surveillance environnementale sérieux ciblant les polluants dangereux (métaux, COV, HAP) en sus des réglementés et mise en place de Comité de Suivi de Sites pour piloter la réduction des émissions et des concentrations  et alimenter des études épidémiologiques.

5) Sols  Déformation des résultats  => INQUIETANTS 
Raisonnements infondés avec comparaison de sites privés et de site publics
Minimisation 
Mensonge hors norme par omission ! en ne citant pas  la pollution hors normes au Plomb 1100 mg/kg largement au delà du seuil de vigilance et du seuil d’action rapide (300mg/kg)

Les résultats des analyses des sols sont cinglants. La chape de plomb sur la pollution des sols explose sur 2 des 5 sites privés, Méan et Gron, qui dépassent largement les seuils de mise en vigilance pour le Cadmium et le Plomb. Ce seuil pour l’Arsenic est aussi dépassé à Méan qui explose la « valeur d’action rapide» pour le Mercure et le Plomb. Pour ces 2 métaux, c’est 10mg/kg versus 5 pour le Mercure et 1100mg/kg versus 300 pour le Plomb !
Dans ses commentaires, le bureau d’études cherche manifestement à atténuer ces valeurs hors normes en indiquant que de telles concentrations ne sont pas constatées sur les sites publics du stade Méan et de la Salle Jean Moulin. La gravité de la situation ferait-elle perdre au bureau d’études la nécessaire objectivité et la raison à associer à la comparaison ?

Les sites publics ne devraient pas être comparés avec les sites privés car ils ont certainement fait l’objet d’évacuation de terres polluées, d’apports de terres saines, lors de leurs derniers aménagements. Il serait intéressant de retrouver les rapports d’analyses de sols réalisées lors des travaux sur ces sites.

De même pour le Cuivre et le Zinc, le tableau indique des « valeurs bruit de fond de référence, sol ordinaire ASPITET ». Les cinq sites privés dépassent tous la borne supérieure de la plage indiquée; d’au moins 50% pour le Cuivre et jusqu’à 1200% pour le Zinc à Méan.
On trouve aussi du Zinc dans l’école LAMARTINE et dans le site de Brais, ce qui permet de penser qu’il s’agit de retombées atmosphériques et non pas de remblais historiques.

Curieusement le bureau d’études met dans la même phrase le fait que les teneurs en métaux sont dans la gamme « ordinaire » sauf pour deux sites et sauf pour deux métaux. Cette complexification s’accroit avec l’affirmation comme quoi les dépassements pour ces deux derniers métaux (Zinc et Cuivre) « restent dans la gamme des anomalies modérées » ! Peut-être. Encore eut-il fallu pour être convaincant avec cette formulation minimisant les dépassements que les valeurs de la plage des « anomalies modérées » aient été communiquées.

La concentration de chrome VI trouvée dans le jardin de Gron ne fait –curieusement- pas l’objet de commentaires et l’absence de valeur de comparaison met de coté ce polluant cancérogène pourtant émis par moult industriels à proximité (aéronautique, soudure, ciments, ..).

6) Végétaux RIEN sur les Végétaux  Non-transparence,  Déformation des résultats => INQUIETANTS

Les pommes de Méan : En l’absence de quantification dans les sols, la présence de Chrome VI – 0,02mg/kg – dans ces fruits permet de penser, à minima, à des dépôts de poussières en contenant d’autant que les recommandations sanitaires mentionnent le lavage des fruits. La proximité des entreprises émettrices est connue (soudage, traitement de surface), les rejets sont importants et difficiles à bien mesurer tant dans les rejets canalisés que dans l’environnement. La présence de Plomb et d’Arsenic dans les pommes ainsi que dans les courgettes est notable.
Les légumes-feuilles : Romarin de Méan, Salades de Gron, et Epinards de la Camée :
La présence de chrome et de chrome VI dans le romarin à Méan d’une part et la présence d’Arsenic, de Cadmium, de Chrome, de Cobalt, de Nickel en sus du Manganèse et du Plomb dans les salades de Gron et les épinards de la Camée confirment les transferts par air de poussières métalliques en sus de la pollution des sols. Là aussi la proximité des émetteurs (aéronautique, métallurgie, traitement de surface, récupération de métaux, .. ) est notable. Mention particulière pour des HAPs : naphtalène et !!
benzo(ghi)pérylène dans le Romarin à Méan.
Les légumes-racines : Les carottes, pommes de terre ou betteraves font le plein de plomb en dépassant la valeur réglementaire applicable que ce soit à Gron, Brais, ou La Camée. Logique au regard des racines plongées dans les sols pollués. Présence quasiment systématique d’Arsenic, de Cadmium, de Chrome, de Cobalt, voire de Nickel.

Le comble : seuls les quelques propriétaires sont informés des précautions à prendre et non pas les « riverains » comme indiqué dans le CP
N’y aurait-il pas besoin d’appliquer le principe de précaution.
L’étude de zone prévoit de mesurer quelques 2-3 dizaines de sols en 2026 .
Trop lent par rapport aux dangers. 

7) Puits

Quand on intègre  les puits de Gron avec ceux de Méan Penhoët, 50% ont au moins un métal qui cloche !
Une « étude de zone » qui se transforme en étude de « points ponctuels  » , avec un courrier aux propriétaires et puis c’est tout. 

8) ARS  – « vérité alternative »
la réaction n’a pas été rapide !
les services de l’État, DREAL et ARS ont été informés par la version initiale du rapport, probablement dès le 15 octobre 2025.
On constate qu’il n’y ait pas eu 

  • d’information plus rapide des propriétaires de terrain (Méan, courrier du 18/12/2025) pour protéger leur santé,
  • de recherche et prise en compte d’informations sur des analyses de sols proches, comme elles autour de l’IME Clémence ROYER  2023 qui -d’après la presse- ont révélé des concentrations de Plomb, Arsenic et Mercure et ont conduit à la fermeture du square, et dont les rapports ont été communiqués à l’ARS par la mairie, mais qui n’ont pas été transmis à l’association locale VAMP malgré ses demandes.
    MAJ du 10/2/2026 . Suite l’obtention du 3e rapport BURGEAP ( il manque les 2 premiers) : Plomb 32000 mg/kg (cf page 20 et 97), soit 100 fois le seuil  « action rapide  » et  As 410 , Hg 140.
    Aucune « Action Rapide » de dépistage.
    Ces prélèvements ont été faits dans la campagne de février 2023 et ont donc été révélées dans le 1er rapport daté du 24/05/2023 (cf.p8), il aura donc fallu cinq mois pour que le square  soit interdit d’accès , soi-disant « pour travaux » !!
  • de recherche et prise en compte d’analyses de sols déjà recueillies dans la phase 1, par exemple celles de 2021 au Parking du Pré Gras situé à 225 m du site C-Méan ( cf carte des sols et puits).  

Contrairement à ce qui est écrit dans le communiqué de presse, l’ARS n’a pas informé les « riverains » mais seulement les propriétaires des sites de prélèvements !
Les services de l’Etat ( ARS, DREAL, .. ) n’ont pas cherché à déterminer l’étendue de la zone de pollution contrairement aux « bonnes pratiques » et/ou à la réglementation.
Ils n’ont pas cherché à identifier les sources de pollutions ni rechercher d’éventuels impacts sanitaires (saturnisme) chez des enfants à proximité,  et les femmes enceintes.
Une « étude de zone » qui se transforme en étude de « points ponctuels  » sans se soucier des pollutions déjà connues.
La population est en attente d’une « action rapide » !

9) Une phrase sybilline

« A ce stade, l’hypothèse quant à l’origine de ces niveaux de concentration repose sur la présence de
remblais historiques ».

Est ce une hypothèse ou une affirmation ? 
Le rapport IEM fait montre de raisonnements que l’on ne trouve pas souvent dans les rapports d’expert.
Raisonnement bancal dans le Rapport IME pages 48-50 : Il s’appuie sur la campagne de retombées atmosphériques de 2025, voulant démontrer que le fait que ces retombées sont très faibles par rapport aux concentrations mesurées dans les sols est une preuve que ces dernières ne sont que «historiques ». Le problème dans cette « histoire », c’est que la campagne de mesures de ces retombées n‘a duré que 30 jours et qu’elle a rencontré des conditions de vents encore moins représentatives que la campagne d’Air pays de la Loire.

Le graphique et sa légende montrent qu’il n’y avait quasiment que des vents de Nord-Est et donc cela n’a pas permis aux émissions des Chantiers par exemple d’arriver dans les jauges de retombées.
Donc : Raisonnement avec des données fausses => conclusion erronée !
De telles erreurs décrédibilisent le rapport qui ne propose rien pour les émissions dans l’air (hormis pour le Cobalt de Brais).

Qu’est ce qui permet de penser que les concentrations sont issues de « remblais historiques » ?
La réponse est simple. L’histoire .  L’histoire qui est la « connaissance du passé ».
L’utilisation de ce mot « Historiques » permet de penser que les autorités et leurs « experts » connaissent des pollutions  de ce type un peu partout depuis longtemps.
Et pourtant elles n’apparaissent pas dans Géoriques ni dans les documents d’urbanisme alors qu’il serait logique de les y trouver pour être informé en tant que locataire, usager ou acheteur potentiel.

Pour en trouver, il suffit d’aller aux archives de la maire de Saint-Nazaire et de rechercher avec les mots-clés « pollution plomb ». => dossier 436W/136  => Ruban Bleu.
Dès 2006, des concentrations de plomb dépassant largement les seuils de vigilance/action de l’époque ( > VCI Usage Sensible  de 400mg/kg) avec un échantillon atteignant 2600 mg/kg ont été trouvées dans le chantier de la Maison du Peuple pour la mise en place du « Ruban Bleu ». Les riverains ont-ils été informés ? protégés ?   
Pas de trace dans les archives de telles actions.

Dans les dossiers BURGEAP-CARENE sols et eaux déposés dans le fond documentaire de la phase 1 de l’étude de zone à la demande des associations, de telles pollutions existent et sont donc connues.
Certaines ont été diffusées sur la carte des sols et eaux.

Pourquoi RAMBOLL, « expert » selon l’auteur du communiqué de presse, n’a t il pas cherché et obtenu ces données « historiques » connues pour le plomb ?

2017 parking du Pré Gras : 12200 mg/kg 

2022 parking du pré gras APRES les travaux  : 848mg/kg

Le rapport souligne que le transfert des polluants peut se faire hors site via les eaux souterraines

2023 square à coté de l’IME Clémence ROYER  

  • Plomb 32 000mg/kg soit 100 fois le seuil « action rapide » du Haut Conseil pour la Santé
    +  Arsenic 
    , Mercure volatil 
  • des gaz qui s’échappent des sols ( mercure volatil, hydrocarbures)

Seul un rapport sur les 3 connus a été obtenu malgré les demandes à la mairie, à l’ARS qui renvoie sur la mairie. 

10 )  Aucun de ces sites n’est déclaré dans Géorisques, dans les Systèmes d’Information des Sols (SIS)
Est ce normal ? sans doute pas, surtout si le risque existe après les travaux  (cf. Pré Gras)

Doit-on en déduire que tous les services de l’État et les collectivité le savent et ont décidé

  • de ne rien dire ?

  • de ne pas déterminer l’étendue des pollutions ?

  • de ne pas informer la population ?

  • et donc de ne pas la protéger ?

 
Qui aura le courage et le mérite de briser l’omerta ?

 

Surmortalité prématurée dans la CARENE / métropole / Loire-Atlantique

L’Observatoire Régional de la Santé(ORS) vient de publier une infographie sur la santé dans la région.
cf CCSanteDesHabitants2026_DEF.pdf .  La CARENE apparait sur la carte de la 2e page parmi les agglomérations ayant une surmortalité prématurée  (avant 65ans ) significativement élevée.

Qui plus est, grâce aux chiffres aimablement communiqués par l’ORS, et mis en graphiques ci-dessous, on peut voir que la situation ne s’améliore guère depuis 20 ans
avec des niveaux très élevés par rapport à la population nationale
et encore plus élevés par rapport au département.

Par rapport à la population nationale. (taux standardisés)

Pour les hommes : + 38%   
Pour les femmes  : + 14%    

N.B. Les rapports ARS-ORS de 2019 et 2023 ainsi que PISSTER 2024 et l’infographie sus-citée ont utilisé l’Indice ICM (standardisation dite indirecte) plutôt adapté pour « positionner des territoires sur une période donnée » selon l’ORS.
Le « Taux standardisé » est recommandé pour « interpréter les tendances sur un territoire ».

Quand on compare avec la population de la Loire-Atlantique
C’est plus grave pour les femmes ! 

Pour les hommes : + 40%   
Pour les femmes  : + 23%    

 

Bassin industriel – INERIS confirme avec SpF ce que nous disions en 2019

Santé publique France et INERIS ont travaillé de concert sur les bassins industriels en France et la corrélation Pollution industrielle — Santé

cf article précédent.

INERIS a œuvré à l’identification des communes « exposées » au regard des émissions dans les bassins, en s’appuyant principalement sur celles déclarées par les industriels.
Rappelons que ces déclarations ne sont obligatoires qu’à partir de certains seuils, ce qui fait que le recensement est partiel.

Le rapport d’INERIS est disponible sur leur site en format compressé.

Sur les pages 93 et 116, il est cependant possible de visualiser les communes « exposées » , avec les zones qui le sont particulièrement en tenant compte des émissions de polluants  prises en compte et des vents les plus fréquents.

(Merci à INERIS de m’avoir donné des images non compressées beaucoup plus lisibles)

Cela redonne les communes que les associations avaient proposées dans le cadre de la définition du périmètre de l’étude de zone avec notamment l’intégration de Saint-Brévin.

Certes il manque Pornichet dans le résultat d’INERIS. On peut penser que la prise en compte de la zone de Brais, véritable extension de la zone portuaire , entrainerait son intégration voire celle d’une partie de La Baule au regard des vents e Nord-Est.

La présentation de Santé publique France synthétise le rapport détaillé.

La page 3 pose la question de l’existence d’une relation, d’une association entre les données de santé et les données géographiques et  les émissions de polluants industriels.

La page 4 indique clairement les résultats avec les sur-risques identifiés :

Sur-risque d’asthme de l’enfant et de mortalité toutes causes dans les communes situées à proximité d’une ICPE, par rapport aux communes à distance d’ICPE.

La page 5 rappelle que la nécessité d’une certaine prudence à avoir.
Démarche classique surtout quand les données d’émissions utilisées n’avaient pas été concues dans cet objectif.
Traduction : Elles sont incomplètes, partielles car elles ne concernent qu’une partie des ICPE et que les données d’émission ne sont fournies que lorsqu’elles dépassent un certain seuil. En d’autres termes, on pourrait dire qu’elles sont minorées par rapport aux émissions réelles.

Le message de la partie droite est sans ambiguïté :

  • poursuivre les actions de protection des population
    ( car elles sont exposées !)

  • disposer de données précises, exhaustives sur les rejets industriels
    ( car il manque un recensement des émissions et un vrai plan de surveillance des concentrations respirées)

MERCI à SpF et INERIS d’avoir oser écrire ce qui était une évidence quand on regardait les chiffres de surmortalité prématurée de la CARENE
et les quantités de polluants émises
(de BASEMIS , base gérée par Air Pays de la Loire)

 

Santé publique France – les bassins industriels – impact sanitaire

Santé publique France . Première publication sur l’impact sanitaire dans les bassins industriels 

SpF a franchi une étape dans son étude nationale sur les bassins industriels  (étude BIS) et appelle à disposer de données environnementales supplémentaires et  à renforcer la surveillance épidémiologique.  cf communiqué de presse     le Rapport 

Extrait du communiqué :  Une part des résultats en faveur d’un lien entre l’influence des installations industrielles et l’état de santé des riverains L’étude présente des résultats différents selon les sources de données utilisées et les indicateurs considérés.  Ils mettent toutefois en évidence une influence des grands bassins industriels sur la santé des populations riveraines, notamment pour des pathologies respiratoires. En particulier, les résultats révèlent un sur-risque d’asthme chez l’enfant et de morbidité respiratoire chronique chez les adultes âgés de 40 ans ou plus dans les communes situées à proximité d’un grand bassin industriel par rapport aux communes éloignées de tout type d’industrie. En complément des bassins industriels, l’étude s’est intéressée plus globalement à l’influence de toutes les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Elle a mis en évidence :

  • un sur-risque d’asthme de l’enfant, de morbidité respiratoire chronique chez les adultes, de prématurité, et de mortalité toutes causes (hors morts violentes). dans les communes situées à proximité d’une ICPE soumise à la directive sur les émissions industrielles (IED) ou de la directive SEVESO par rapport aux communes à distance d’une ICPE ;
  • un sur-risque d’asthme de l’enfant et de mortalité toutes causes dans les communes situées à proximité d’une ICPE par rapport aux communes à distance d’ICPE.

Ces résultats confirment ceux d’autres études publiées dans la littérature scientifique internationale mettant en évidence un lien entre des activités industrielles et la santé des populations riveraines de tels sites . Cela confirme ce que nous demandons depuis 2019 au regard de la pollution industrielle et de l’impact sanitaire au vu notamment de la surmortalité prématurée (+43%) chez les hommes (cf. article  précédent), à savoir, :

des mesures environnementales en continu et fiables autour des zones industrielles.

A l’attention des personnes qui souhaitent mieux connaître les impacts sanitaires spécifiques dans la CARENE      =>  Quelques diapos  points rouges de la CARENE issues des travaux de l’Observatoire Régional de Santé  PISSTER et du registre des cancers.

Et la question que se pose les personnes à qui l’on demande de venir travailler à Saint-Nazaire apparait :


Certains ont privilégié leur santé et ont décidé d’habiter plus loin, quitte à passer du temps dans leur voiture. 
Si les industriels et collectivités souhaitent que les employés n’aient pas deux heures de transport par jour, et que leur santé ne soit pas impactée 24h/24 en habitant trop près de la zone industrielle,  ils n’ont pas d’autres choix que de réduire drastiquement la pollution .

Santé Environnement à Pontchateau – PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

PERTURBATEURS ENDOCRINIENS
8 novembre 2025 : très intéressante après-midi à Pontchateau
organisée par Brivet Initiatives Santé Environnement 

Verso Flyer PE           RECTO FLYER PE

Dans son discours introductif, Colette L. a rappelé que l’agglomération autour de Ponchâteau était aussi touchée par une surmortalité prématurée. 
Il suffit de parcourir la page de PISSTER , fournie par l’ORS  pour l’agglo, pour voir que la surmortalité prématurée (avant 65ans) des hommes est très élevée
(cf point rouge) avec +24% (cf le 124 en colonne C6, ligne n25)

tout en étant moindre que celle de l’agglomération de Saint-Nazaire (+43%).

Pour les femmes, la situation est bonne  avec une sous-mortalité (de -24%), ce qui permet de penser qu’il y a un lien avec les expositions professionnelles des hommes qu’elles soient locales ou dans les industries polluantes du bassin nazairien voire celles de Redon, où il y a 3 sites Seveso, deux industries émettant du Chrome VI dont un sous-traitant d’Airbus.

Très poignant le film « « Contrepoisons, un combat citoyen » et les échanges avec  Marie THIBAUD sur les cancers pédiatriques à Saint-Pazanne.

La conférence de la médecin généraliste Céline STENGER sur les Perturbateurs Endocriniens révèle notamment leurs dangers, les coûts, et les comportements à favoriser.
Celle de Philippe RICORDEAU mentionne – entre autres – que les doses impactantes peuvent être très petites et souligne les positions des instances sanitaires et des pays par rapport aux industriels et à la santé de la population.
De nombreux échanges intéressants.


L’examen de la liste des substances extrêmement préoccupantes (SHVC)  de ECHA (REACH)  et de leur usage potentiel par les industriels locaux permet de constater qu’AIRBUS Montoir-de-Bretagne a déclaré en 2022 utiliser du 4-Nonylphenol, branched and linear, ethoxylated       
et du 4-(1,1,3,3-tetramethylbutyl)phenol, ethoxylated
qui sont des perturbateurs endocriniens pouvant avoir des impacts sur la fertilité, sur le fœtus voire pourraient cause des cancers.

Chrome6gate chez Airbus Saint-Nazaire : Amateurisme et/ou Omerta ?

Mise à jour – 09/10/2025

Le récent rapport d’inspection du 8 aout 2025 publié par la DREAL le 13 septembre 2025 concernant les rejets de Chrome VI du 20 au 23 mai 2025 par le site d’Airbus Saint-Nazaire n’a pas fini de faire parler de lui et va mettre sur la table des choses qui ne vont pas faire plaisir. 
Normal vu que le Chrome VI présent dans les peintures anti-corrosion est cancérigène, soumis à une autorisation et réglementation spécifique et que, l’agglomération nazairienne est caractérisée par un taux de surmortalité prématurée très élevé 43% pour les hommes et une sur-incidence (grand  nombre) de cancers.

En résumé, ce qui anormal et inadmissible, c’est que cela fait plus de 3 mois que des mesures  ont identifié des flux horaires de rejets 100 fois supérieurs au seuil maximal autorisé, et la population n’a pas été informée et en plus ni l’exploitant ni les autorités ne peuvent affirmer -preuves à l’appui- s’il y a eu des erreurs ou pas dans les mesures. 
Depuis bientôt 4 mois, aucun audit ou expert indépendant n’a pu expliquer pourquoi les  mesures ont détecté des rejets équivalents à 100 usines AIRBUS au maximum de leur autorisation
.
Si les mesures sont justes, alors employés et populations ont été exposés à des doses hors normes.
Si les mesures sont erronées, on ne peut donc plus faire confiance au système d’autosurveillance actuel, ni pour les mesures passées, ni pour le futur. Il importerait alors de mettre en place d’autres moyens par exemple une surveillance environnementale fréquente indépendante.

De plus, la gestion de l’alerte voire de la crise a été INEXISTANTE du point de vue de la population voisine. Aucune Alerte.  Aucune activation d’une cellule de crise

le 29/08/2025 des mesures simultanées sur 4 rejets ont été réalisées par Bureau-VERITAS et DEKRA pour tenter de comprendre.  Le flou et l’incompréhension persistent
Pour une des quatre cheminées  – SIMA Cabine- 
DEKRA a trouvé  29 fois plus de Cr VI que Bureau VERITAS
et pour une autre – SUNKISS2 nord,
Bureau VERITAS a trouvé 32 fois plus de Cr VI que DEKRA.

Une telle « variabilité » dans les mesures les décrédibilisent..

Espérons que l’expertise et l’indépendance d’INERIS, qui doit intervenir prochainement vont éclairer cette  pénible situation.

Par ailleurs, les rapports de mesures et analyses des rejets et de filtration de 2023 et 2024 des deux sites AIRBUS, moult fois demandés,  n’ont toujours pas été communiqués.
Pour qu’il y ait TRANSPARENCE et EFFICACITE collective, il importe que les documents « environnementaux » produits par l’exploitant soient communiqués aux associations présentes dans les CSS, dès leur mise à disposition de la DREAL.

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L’analyse de la chronologie des faits issus du rapport conduit à des questions.

A) 22 JANVIER  : le constat du point n°3 de l’inspection indique « Par courrier du 22-01-2025, la DREAL a diligenté la réalisation d’un contrôle inopiné sur les rejets atmosphériques  en chrome VI » et que ce « contrôle a été réalisé par la société DEKRA du 20 au 23-05-2025 » .

Questions :

  • Quelles sont les informations, événements dont disposait la DREAL pour décider de la réalisation d’un contrôle inopiné ? Avaient-t-elles des doutes sur l’efficacité des mesures des années précédentes réalisées par BUREAU VERITAS pour AIRBUS ?
  • AIRBUS a-t-il été informé de ce projet de contrôle inopiné ?
    Si oui, Comment et Quand ? Est-ce par le courrier du 22-01-2025 ?
    Quand a-t-il été informé de la date à laquelle le contrôle aurait lieu ? 

Suite à la réunion du 3/10/2025 avec le sous-préfet il semblerait que le courrier du 22/01/2025 demande à AIRBUS de trouver et financer le prestataire pour ces mesures .. AIRBUS a choisi DEKRA.
Pas de nouvelle info sur la connaissance anticipée ou non de la date du contrôle.

 

B) 28 Janvier .   Le constat du point n°2 nous apprend que les mesures visant à s’assurer de la qualité de la filtration ont été effectuées sur trois jours consécutifs à partir du 28 janvier « suite au changement de filtre effectué le 28 janvier  »

Questions :

  • Est-ce la pratique habituelle de changer le filtre juste avant les mesures des rejets ? 
  • Une telle pratique nuirait gravement à la conformité, objectivité de la mesure de la filtration, si les filtres ne sont pas systématiquement changés avant 3 jours ! 
    Y-a-t-il des consignes d’exploitation à jour et sont-elles respectées imposant le changement de filtres à la bonne fréquence rigoureusement définie ? 

C) 08 Avril .  Le constat du point n°1 indique que des mesures pilotées par AIRBUS ont été réalisées « par la société BUREAU VERITAS  du 08 au 16 avril 2025 » et que le flux total relevé était de 0.4237 g/h c’est-à-dire supérieur de 41% au flux total maximal fixé par arrêté.

Questions :

  • Quand AIRBUS a-t-il eu connaissance par BUREAU VERITAS du montant du flux hors limite ?
  • AIRBUS a t il informé la DREAL du dépassement de la limite fixée par l’arrêté de 2018 ?
    Si oui quand ?
  • A partir de quel dépassement du seuil maximal y-a-t-il activation d’une procédure de crise ?
  • Y-a-t-il eu activation d’une cellule de crise ? quand ? quels participants internes et externes ?

Lors de la réunion du 3/10/2025 avec le sous-préfet, AIRBUS a confirmé ne pas avoir  alerté la DREAL lors du dépassement de 41%.. 
Comme si de rien n’était . 
La DREAL n’est pas surprise .
A quoi sert donc cette auto-surveillance , si personne n’agit quand les limites sont dépassées !!!!!

D) 20 mai . Le constat du point n°3 de l’inspection indique que DEKRA a réalisé le contrôle inopiné le 20 au 23 mai et que les résultats n’ont été communiqués à la DREAL et à l’exploitant que le 06-08-2025, soit plus de 10 semaines après la fin des mesures !
Ce délai parait anormalement long au regard des délais habituellement constatés (plutôt 4 à 5 semaines) dans les prestations VERITAS en 2023 et dans les prestations de DEKRA effectuées chez d’autres industriels comme les Chantiers de l’Atlantique. Un tel délai ne parait guère adapté dans le cas de mesures de rejets de produits dangereux et complètement « hors sol » en cas de dépassement des valeurs limites.

Questions :

  • Quelle est la durée habituellement accordée par AIRBUS à son prestataire BUREAU VERITAS pour rendre son rapport pour de telles mesures ?
  • Un délai maximal était-il prévu dans la commande à DEKRA ?
  • Y-a-t-il eu une communication informelle, orale ou écrite, des résultats des mesures avant la remise formelle du rapport
    si oui à quelle date et à qui ?
    Si oui, DEKRA a-t-il fourni ses résultats  avec des explications sur le bien-fondé ou non des chiffres annoncés  hors normes ?

Lors de la réunion du 3/10/2025 avec le sous-préfet, AIRBUS a affirmé ne pas avoir été informé préalablement de l’énorme dépassement avant la date du 6 août.
La DREAL aurait rappelé que Bureau VERITAS avait remis le 2 juin son rapport relatif aux mesures du 08 au 16 Avril . Ce qui fait 6 semaines et 4 jours dont les ponts du mois de mai.  
DEKRA a pris 10 semaines sans alerter au plus tôt des énormes valeurs !

E) 20 Mai suite.  On apprend que les filtres ont été remplacés le 20 mai pour la cabine SUNKISS2 juste avant la réalisation des contrôles.
Pour la cabine SIMA, les filtres sont remplacés tous les 3 mois et le dernier remplacement a eu lieu fin mars « en préalable aux contrôles d’autosurveillance  » réalisés début avril par BUREAU VERITAS.
Une phrase du constat du point n°3 mérite une explication . « cependant , la deltaP mesurée après remplacement justifiant de la mise en place correcte de filtres n’est pas tracée »

Questions 

  • Le mot DeltaP veut-il bien dire  « différence de pression » ?  
  • Y-a-t-il un manque de rigueur dans l’application des procédures de filtration ?
  • L’absence de traçage de mesures de la deltaP  peut-il générer un doute sur la bonne mise en place des filtres lors des remplacements et de facto de la performance de la filtration ?

F) Août 2025

L’inspection DREAL a été diligentée rapidement, semble-t-il après la réception du rapport DEKRA, et le rapport d’inspection est daté du 14 août.
Les actions intégrées dans le plan d’action demandé à AIRBUS  ont du sens, mais l’exigence de délais à savoir « dans les meilleurs délais » et  « proposition de délais : 1 mois » n’est pas suffisante au regard du dépassement hors normes de 10 000% du maximum autorisé.

Questions :

  • Y-a-t-il réunion d’un comité de crise ?
    Si oui, Quand ? avec qui ?
    Pourquoi n’a t il pas déclenché des mesures d’urgence et des actions de protection de la population ?
  • Si non. Pourquoi ? parce que la population ne voit pas ce qu’elle respire ?
    Parce que les molécules cancérigènes ne sont pas aussi visibles que les fumées d’un incendie comme à Lubrizol  ?
  • N’est il pas urgent de revisiter les processus d’autosurveillance et d’alerte ?

Lors de la réunion du 3/10/2025 avec le sous-préfet, AIRBUS a affirmé avoir été plus que surpris par les résultats et l’avoir exprimé à DEKRA.
La DREAL confirme que cela n’a pas été traité comme une « crise » ou un accident.

A nos yeux, au regard de la dangerosité du Cr VI, urgence et transparence auraient du être de mise dès les premier jours, même au mois d’août.
Certes des actions d’analyses de documents, des confrontations des 2 prestataires ont été faites, des mesures supplémentaires fin août en simultané ont été réalisées sur 2 cabines.
Mais, aucune explication des différences n’a été trouvée deux mois après !

Pire, dans les mesures en simultané du 29 août,
pour une des quatre cheminées  – SIMA Cabine- 
DEKRA a trouvé  29 fois plus de Cr VI que Bureau VERITAS
et pour une autre – SUNKISS2 nord,
Bureau VERITAS a trouvé 32 fois plus de Cr VI que DEKRA.

=> une chose est sûre .. la confiance est au plus  bas ! 
avec ce système d’autosurveillance par l’exploitant avec des sociétés de contrôle aux résultats incertains,
et la DREAL qui n’est pas alertée en cas de dépassement des limites imposées par l’arrêté préfectoral et qui ne déclenche pas de gestion de crise dans de telles circonstances .

=> les acteurs de bonne foi, doivent urgemment revisiter le processus,
avec   Objectivité, Impartialité, Réactivité, Efficacité 
et bien sûr  .. une vraie  Transparence . 

 

 

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Courrier envoyé aux sous-préfet, élus, membres de la commission de suivi de site

avec des demandes : 

Face à cette situation dont la gravité parait sous-estimée,  nous demandons aux services de l’État  de

  • Solliciter urgemment l’intervention d’experts indépendants INERIS pour prioritairement procéder à de nouvelles mesures avec différentes anciennetés des filtres et secondairement de comparer les procédures de VERITAS, DEKRA et des laboratoires.
  • Publier les rapports d’analyses des rejets et des filtrations réalisés en 2023, 2024 et 2025 sur le site de l’exploitant, de Géorisques voire de la DREAL pour que la transparence toujours évoquée devienne réalité, d’autant que l’association VAMP l’avait demandé le 28 avril et redemandé le 19 mai, et que la DREAL avait écarté ces demandes légitimes et  a postériori très justifiées.
  • Prescrire à AIRBUS Atlantic un plan de surveillance environnementale renforcé, avec une durée « sérieuse » d’au moins 8 semaines par an (à comparer aux quelques jours du plan actuel)  et en synchronisant et étudiant les activités réalisées dans les cabines de peinture, les analyses de rejets et l’observation des  vents vers les habitations de Méan-Penhoët.
  • Contraindre AIRBUS à mettre en place un réel programme de substitution du CR VI tel qu’il devrait être en œuvre depuis 2016 selon REACH et en publier annuellement l’avancement
  • Organiser en urgence une réunion de la Commission de Suivi de Site en associant des experts INERIS en modélisation de la dispersion de rejets  et l’Agence Régionale de Santé, voire  une cellule de crise.

 

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Communiqué de presse du député Mathias TAVEL

Le député a bien compris la gravité des événements et demande la mise en place d’un plan de surveillance environnementale permanent, pérenne et indépendant.

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Réponse du sous-préfet le 19 septembre 2025

Madame, Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier du 17 septembre 2025 et vous assure que je suis attentivement, avec l’appui de la DREAL,  le plan d’actions engagé par Airbus Atlantic suite à réception des mesures de rejets atmosphériques en Chrome VI sur les cabines de peinture.
Dans un souci de transparence et d’information de la population, un communiqué de presse a été transmis par la préfecture aux rédactions dès le 16 septembre. La DREAL vous transmettra les derniers rapports de mesure de rejets atmosphériques de 2025 d’Airbus Atlantic une fois anonymisée par l’exploitant et après avoir vérifié que le contenu était communicable au sens de la circulaire du 11 mai 2020 relative à la mise en œuvre des dispositions régissant le droit d’accès à l’information relative à l’environnement.

Dix jours après, les documents demandés ne sont toujours pas transmis. Il serait temps qu’une version « anonymisée » soit produite et diffusée dès la création d’un document « environnemental » pour ne pas perdre un temps précieux dans la transparence et l’efficacité du partage avec la population intéressée.

Le 8 août, la DREAL a mené une inspection réactive sur le site Airbus Atlantic à Saint-Nazaire suite aux résultats reçu le 6 août d’un contrôle inopiné mandaté par l’administration qui a mis en évidence un dépassement potentiel  des valeurs limites de rejets  atmosphériques en Chrome VI dans les rejets atmosphériques. Des demandes de justificatifs ont alors été sollicités auprès de l’industriel et un projet d’arrêté préfectoral de mise en demeure a été transmis en contradictoire auprès de l’exploitant.

L’usage du mot « potentiel » est intéressant et traduit un doute quant à la justesse du rapport d’un organisme accrédité. Y-a-il un tel doute quand il n’y a pas de dépassement ?!!
On déduit de la demande de justificatifs, que le rapport avec des chiffres hors normes n’en comportaient pas malgré l’énorme dépassement ! . 
Enfin, 50 jours après la réception : pas de trace d’une mise en demeure !

Suite à réalisation de nouvelles analyses par 2 organismes, Airbus Atlantic a pu justifier du respect des valeurs limites imposées par l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter et a engagé un plan d’actions visant à améliorer l’efficacité de ses dispositifs de filtration et à renforcer le suivi de ses rejets en chrome VI.  Les campagnes de mesure ayant cependant mis en évidence des différences notables de résultats obtenus par 2 organismes indépendants, Airbus Atlantic va solliciter l’INERIS pour évaluer si une expertise des mesures réalisées est possible. Dans l’attente, l’exploitant a suspendu l’utilisation des peintures contenant des chromates dans une des cabines de peinture.

Aucune publication des noms des 2 organismes, ni des valeurs mesurées , ni des rapports détaillés pourtant demandés. Pas de « justification » documentée partagée.
On notera que ces « nouvelles analyses » auraient été réalisées en moins de 5 semaines en plein mois d’août à comparer aux 10 semaines de DEKRA( cf.supra).

En parallèle, dans le cadre des travaux menés par l’État sur l’étude de zone, des mesures en chrome VI sur une période de 8 semaines sur 2 stations proches d’Airbus Atlantic ont été réalisées. Une fois les résultats disponibles, il sera possible de déterminer si une surveillance environnementale plus pérenne doit être mise en place.
J’ai prévu de réunir d’ici la fin de l’année la commission de suivi de site pour continuer les échanges en toute transparence.
Cordialement
Eric de WISPELAERE

De mémoire la dernière campagne de mesures de Chrome VI de l’étude de zone était prévue pour se terminer le 7 juillet 2025 et d’après mes observations les vents sur les courtes périodes de mesure risquent fort de ne pas être représentatifs des vents annuels. 
De plus, on peut rappeller que le nombre de stations de mesures de chrome VI avait été unilatéralement réduit à un nombre ridicule ne couvant pas le périmètre de l’étude de zone et que la station la plus proche est au stade de Méan-Penhoët du côté opposé aux Chantiers et Airbus.

Chacun appréciera la prise en compte de la gravité des risques sanitaires dans la réaction d’AIRBUS et des services de l’Etat alors qu’il a été mesuré 100 fois plus de chrome VI que le seuil maximal autorisé et que rien dans la réponse du sous-préfet n’indique que la mesure serait erronée et qu’il n’y a également aucune information sur les éventuelles périodes d’arrêt par précaution des cabines de peinture.

Et pas un seul mot sur l’exposition de la population.

De mémoire, le cas LUBRIZOL à Rouen avait mieux traité.
Certes les fumées noires se voient mieux que le Chrome VI cancérigène.