Catégorie : Santé

Position du Conseil municipal nazairien / étude épidémiologique – Déception

Déception en apprenant que le conseil municipal n’a pas voté le vœu relatif à la demande d’étude épidémiologique pour identifier les causes principales de la situation sanitaire dramatique du bassin nazairien et agir.

20260622_Voeu_étude_épidémiologique_ESSN

20260626_CP_ESSN_étude_épidémiologique

Le refus de savoir, le refus de reconnaître les évidences chiffrées,
le refus d’agir sur les causes premières ne sont pas acceptables
face aux 55 morts prématurées (avant 65 ans ) de trop / métropole.

et l’étude Bassins Industriels – Santé (BIS) de Santé publique France l’écrit 
Il vaut mieux ne pas habiter dans une commune proche  d’installations industrielles

Certes l’étude BIS n’a pas identifié les causes précises, les polluants, les doses ….pour chacun des bassins.
L’État ne veut plus d’étude épidémiologique car il craint que cela identifie les activités industrielles locales les plus polluantes, les plus mortelles, les plus cachottières  … 
Comme si on ne le savait pas déjà ! 
Comme si elles ne pouvaient pas faire l’effort d’être « propres » et de réduire leurs rejets mortels.
Ignore-t-il que cela fait perdurer depuis plus de 20 ans ces surmortalités ? voir les courbes ci-dessus !

 

L’ARS n’a pas d’objectifs chiffrés / Surmortalité prématurée pour 2030-2035 => Pas de pilote responsable !

Dans le rapport Santé publié en 2019 par l’ORS, la surmortalité prématurée ( < 65 ans) des Hommes était de 38% et celles des femmes de 11%, calculée sur les années 2011-2015.

Dans le rapport Santé publié en 2026 par l’ORS, la surmortalité prématurée (< 65 ans) des Hommes est de 39% et celles des femmes de 13%, calculée sur les années 2019-2023.

Lors de la réunion du 8 juin, l’ARS a été questionnée sur cette évolution par le représentant de la Ligue des Droits de l’Homme :

« Est-ce que c’est l’ARS qui est le service de l’État en charge de la baisse de cet indicateur ?
Quelles sont les valeurs qui sont visées à 5 ans, à 10 ans ? »

Concernant le service en charge, la réponse est donnée sur le site de l’ARS 
https://www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/sante-sur-le-territoire-de-la-carene-enjeux-et-mobilisation
Communication qui n’explicite pas la croissance des indicateurs sur les 8 dernières années et qui « collectivise » et dilue les responsabilités :

« Face à ces enjeux, la mobilisation est collective. Les élus, les services de l’État et                      l’ensemble des acteurs du territoire (professionnels de santé, associations, industriels…)        agissent conjointement pour renforcer la prévention et améliorer la santé des habitants.« 

Concernant les valeurs visées à 5 ans et 10 ans pour ces indicateurs de surmortalité prématurée, la réponse est décevante puisqu’elle traite de la responsabilité juridique (obligation de moyens/résultats) plutôt que de la fixation de cibles, de la planification des actions et de la mobilisation des ressources nécessaires. 
Particulièrement regrettable dans un bassin industriel où la gestion de projet et le respect au mieux des plannings sont intégrés au quotidien, notamment dans les activités navales et aéronautiques.

« Écoutez, franchement, moi, j’ai pas connaissance de n’importe quel engagement de cette nature qui aurait pu être pris par ailleurs,  justement parce que les facteurs qui influent sur l’état de santé de la population sont tellement diversifiés que l’obligation de résultat, elle est, je pense, quasi impossible à tenir. Par contre, effectivement, collectivement,  et dans la poursuite des actions qu’on va mener,  il y a effectivement une obligation de moyens, c’est-à-dire de continuer à tout mettre en œuvre  pour influer positivement sur la santé des habitants. »

On perçoit de nouveau dans ces propos, le refrain du « multifactoriel » qui justifierait l’absence de résultats à date, ainsi que le côté « collectif » pour ne pas désigner de leader responsable.
Entendre que l’on va « continuer à tout mettre en œuvre pour influer positivement sur la santé » alors que l’on constate que rien n’a changé au bout de 8 ans n’est pas rassurant du tout. 

A noter que l’ARS de la région Grand-Est a clairement formalisé ses responsabilités, parfois partagées avec les Maires cf https://www.grand-est.ars.sante.fr/media/62646/download

Réunion « Santé dans la CARENE » du 8 juin 2026

Grande déception (attendue) au regard des discours et inactions de l’ARS et de la DREAL.

Des indicateurs  de santé qui restent très mauvais
          (mortalité prématurée, cardiovasculaires, cancers, asthme chez l’enfant..)

Refus de faire une étude épidémiologique
Refus de s’engager sur une baisse du taux de surmortalité prématurée à 10 ans
Refus de demander aux industriels de financer des stations de mesures permanentes Air Pays de la Loire dans les écoles Paul Bert et Lamartine ( poussières, COV, Nox, métaux,..)

Seul point positif : l’étude BIS de Santé publique France qui confirme l’association « proximité d’un bassin industriel »  => asthme chez les enfants et morbidité toutes causes

Mise à jour du taux de surmortalité prématurée : 39% pour les Hommes
et 13 % pour les Femmes => environ 55 morts de trop chaque année !!

Manifestement, les services de l’Etat ne veulent pas  rechercher les vraies causes de cette surmortalité,  parlent de « multifactoriel »  sans proposer ni d’objectifs ni de plans d’attaques de ces différents facteurs .
A noter le silence des rares industriels présents.

Ci-dessous le flyer distribué aux participants par les associations qui avaient bien perçu la stratégie du « faire semblant d’agir » de cette étude de zone. 

flyer- stop_ça_suffit

et
lisez notre vision de l’étude de zone et des inactions étatiques :

 STOP, ça suffit, Arrêtez de faire semblant !

12 pages résumant 6 ans d’étude de zone !

 

Le député Mathias TAVEL présent lors de la réunion s’est exprimé dans un communiqué :


Claude AUFORT – Trignac s’exprime sur facebook

 

 

A suivre  les liens vers les présentations ORS et Registre des cancers et quelques extraits : 

Le rapport ORS de 56 pages 2026_EtatSante_SaintNazaireAgglo_Carene

qui montre que chaque année la surmortalité prématurée par rapport à la métropole concerne  55 personnes  :  46 hommes et 9 femmes 


Rapport du registre des cancers  2026_RegistreCancersLAV_CARENE

Pornichet est toujours la commune qui a, proportionnellement le plus de cancers détectés :

La CARENE , tristement au 1er rang dans le département

Il est intéressant de constater que les EPCI qui ont le plus de cancers VADS sont REDON, BLAIN, NOZAY  et la CARENE, agglomérations qui comportent des activités industrielles « métalliques ».
D’aucuns répondront que le nombre de cas, ne permet pas de l’affirmer « statistiquement » :
Dans la vision par commune, on peut remarquer qu’il n’y a plus de sur-incidence statistiquement fiable pour les cancers féminins à Pornichet, tout en restant dans le trio de tête.
On devrait s’interroger sur le cancer du foie qui est très présent sur Trignac mais pas sur Saint-Nazaire ni même Montoir . Cela confirme que l’alcool n’est certainement pas l’unique cause. 

Quant à la  mortalité par cancer, la CARENE est tristement en tête pour tous les cancers Homme avec mention pour le cancer du poumon. Pour les femmes, la CARENE est leader pour le cancer des VADS.

Présentations Santé publique France

REUNION-CARENE-2026_06_08_SpF_BIS

REUNION-CARENE-2026_06_08_0-SpF-Nantes

Présentations ARS – CLSi

REUNION-CARENE-2026_06_08_0-CLSI

 

Pollutions , petits salaires => moins de dépistages et de soins, plus de cancers graves

Inégalités sociales face au cancer.

Ce n’est pas une nouveauté dans le bassin nazairien !

C’est la triple peine..  et quand une pollution hors norme au plomb, l’ARS se contente d’écrire dans la presse qu’il faut aller voir son médecin ..  CP_Pollution plomb_Saint-Nazaire 2026_05_28
alors qu’autour de METALLEurope, après l’incendie de Notre-dame de Paris, les ARS concernées avaient organisé l’analyse de l’étendue des pollutions, et les dépistages de plombémie parmi les populations les plus fragiles.

 
Merci au député TAVEL pour sa réaction plus constructive …

20260601 – TAVEL- Pollution au plomb du Square des Aviateurs à Saint-Nazaire

Incendie dans un silo IDEA pour Cargill

Le rapport d’inspection du 05 mars 2026  visant les silos que gère IDEA pour CARGILL sur le quai des Grands Puits à Saint-Nazaire mentionne des anomalies qui interpellent.

IDEA .. Une nouvelle idée de la logistique !   Vraiment ?

Cet établissement s’était fait remarqué en 2022, car il n’avait pas réalisé les mesures annuelles des émissions de poussières lors d’un déchargement de bateau depuis 2015 ! 
Cette année l’inspection constate que des mesures ont été faites en 2023, 2024 et 2025 mais que les rapports n’ont pas été envoyés à la DREAL dans le mois qui suit. 
N’y aurait-il pas là un manque de rigueur ?   
Vu ce manquement, on peut craindre que la demande des associations de recherches de pesticides/raticides  dans les poussières émises n’ait pas été prise en compte.

Plus grave : 

On y apprend qu’il y a eu un départ de feu en août 2025,
et que les relations contractuelles IDEA <=> CARGILL ne permettaient pas d’agir dans des conditions optimales pour limiter les risques d’explosion aux graves conséquences !!!

Contexte : un départ de feu s’est produit le 13/08/2025 dans une cellule de stockage à plat de
tourteaux de tournesol par auto-échauffement. Ce processus lent dépend des conditions de stockage, en particulier de la durée. L’exploitant n’a pas identifié de cause externe.
Pour les silos verticaux, un contrôle en humidité et température de chaque chargement de camion est effectué. Pour les silos plats, ce contrôle est effectué, avant transfert, par le client situé sur le site voisin. {….}
L’exploitant précise qu’il n’est pas propriétaire des produits stockés et qu’il ne peut pas les évacuer du site sans accord du client. Dans le cadre des congés du mois d’août, les quantités en stock sont plus importantes pour assurer l’approvisionnement en aval, entrainant une durée de stockage plus longue. De plus, la demande en tourteaux avait été surestimée par le client, augmentant également la durée de stockage.
L’exploitant a présenté le dernier enregistrement des températures avant l’incident (08/08/2025) qui fait état de dépassements des seuils de préalarme et d’alarme pour certaines sondes des cellules 2 et 3 (température maximale relevée de 41,34°C). L’action principale en cas de dépassement des seuils est le transillage de produit. Cependant, cette action n’a pas pu être effectuée compte tenu de l’absence de capacités disponibles en raison des stocks importants. L’exploitant indique que le client a été alerté plusieurs fois de cette situation, dès juillet 2025, sans réaction de sa part.
L’exploitant précise que suite à l’incident, une réunion est prévue avec le client le 09/04/2025 (N.D.L.R sans doute 2026) afin d’améliorer sa connaissance des problématiques de stockage et de mieux anticiper les volumes de stockage pour éviter que la situation se reproduise.

Bel exemple de sous-traitance déresponsabilisante ?
Clairement la proximité d’installations industrielles, de stockages de produits dangereux inflammables (Chantiers, Everllence, .. ) et d’habitations à quelques centaines de mètres  des silos impose au donneur d’ordre une plus grande vigilance.

La presse fait écho de travaux de décarbonation lancés par CARGILL.
Réduire les émissions dans l’air de CO2, c’est bien .. 
Mais curieusement, pas de projet de mesures environnementales en continu et de réduction des émissions d’HEXANE, solvant neurotoxique utilisé et réutilisé en grande quantité dont une partie est respirée par les Nazairiens. Habitations et commerces du Ruban Bleu sont pourtant tout proches 
 

Enfin, on regrette que l’inspection n’ait pas abordé les conditions de fumigation des silos – utilisant souvent la  phosphine (PH3), gaz très dangereux, produit qui a récemment été cité comme très utilisé en Loire-Atlantique et  ayant des effets neurotoxiques et pulmonaires. 
Les dangers dans l’utilisation sont connus :   https://blog.noxstorage.fr/pourquoi-la-fumigation-a-la-phosphine-pose-probleme-en-stockage-agricole
On peut comprendre que la DREAL ne souhaite pas être présente à proximité du silo lors d’une fumigation. La DREAL pourrait demander à l’exploitant de faire intervenir des experts indépendants et bien protégés pour contrôler le respect des procédures notamment s’assurer des étanchéités pendant la durée appropriée.