Surmortalité prématurée – Objectifs de l’ARS ? => Pas de pilote responsable !

Dans le rapport Santé publié en 2019 par l’ORS, la surmortalité prématurée ( < 65 ans) des Hommes était de 38% et celles des femmes de 11%, calculée sur les années 2011-2015.

Dans le rapport Santé publié en 2026 par l’ORS, la surmortalité prématurée (< 65 ans) des Hommes est de 39% et celles des femmes de 13%, calculée sur les années 2019-2023.

Lors de la réunion du 8 juin, l’ARS a été questionnée sur cette évolution par le représentant de la Ligue des Droits de l’Homme :

« Est-ce que c’est l’ARS qui est le service de l’État en charge de la baisse de cet indicateur ?
Quelles sont les valeurs qui sont visées à 5 ans, à 10 ans ? »

Concernant le service en charge, la réponse est donnée sur le site de l’ARS 
https://www.pays-de-la-loire.ars.sante.fr/sante-sur-le-territoire-de-la-carene-enjeux-et-mobilisation
Communication qui n’explicite pas la croissance des indicateurs sur les 8 dernières années et qui « collectivise » et dilue les responsabilités :

« Face à ces enjeux, la mobilisation est collective. Les élus, les services de l’État et                      l’ensemble des acteurs du territoire (professionnels de santé, associations, industriels…)        agissent conjointement pour renforcer la prévention et améliorer la santé des habitants.« 

Concernant les valeurs visées à 5 ans et 10 ans pour ces indicateurs de surmortalité prématurée, la réponse est décevante puisqu’elle traite de la responsabilité juridique (obligation de moyens/résultats) plutôt que de la fixation de cibles, de la planification des actions et de la mobilisation des ressources nécessaires. 
Particulièrement regrettable dans un bassin industriel où la gestion de projet et le respect au mieux des plannings sont intégrés au quotidien, notamment dans les activités navales et aéronautiques.

« Écoutez, franchement, moi, j’ai pas connaissance de n’importe quel engagement de cette nature qui aurait pu être pris par ailleurs,  justement parce que les facteurs qui influent sur l’état de santé de la population sont tellement diversifiés que l’obligation de résultat, elle est, je pense, quasi impossible à tenir. Par contre, effectivement, collectivement,  et dans la poursuite des actions qu’on va mener,  il y a effectivement une obligation de moyens, c’est-à-dire de continuer à tout mettre en œuvre  pour influer positivement sur la santé des habitants. »

On perçoit de nouveau dans ces propos, le refrain du « multifactoriel » qui justifierait l’absence de résultats à date, ainsi que le côté « collectif » pour ne pas désigner de leader responsable.
Entendre que l’on va « continuer à tout mettre en œuvre pour influer positivement sur la santé » alors que l’on constate que rien n’a changé au bout de 8 ans n’est pas rassurant du tout. 

A noter que l’ARS de la région Grand-Est a clairement formalisé ses responsabilités, parfois partagées avec les Maires cf https://www.grand-est.ars.sante.fr/media/62646/download