SPLANN – Les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, une entreprise florissante qui pollue en toute discrétion

A lire – Auteur Samy ARCHIMEDE   – Merci SPLANN

https://splann.org/chantiers-atlantique-saint-nazaire-pollution-discretion/

La disparition en toute discrétion du merlon de terres polluées a été narrée en mai 2025
dans notre article

sans information préalable de la DREAL, sans autorisation
source DREAL N5-2025-779 
et curieusement  sans sanction !

Surmortalité prématurée dans la CARENE / nationale / Loire-Atlantique

L’Observatoire Régional de la Santé(ORS) vient de publier une infographie sur la santé dans la région.
cf CCSanteDesHabitants2026_DEF.pdf .  La CARENE apparait sur la carte de la 2e page parmi les agglomérations ayant une surmortalité prématurée  (avant 65ans ) significativement élevée.

Qui plus est, grâce aux chiffres aimablement communiqués par l’ORS, et mis en graphiques ci-dessous, on peut voir que la situation ne s’améliore guère depuis 20 ans
avec des niveaux très élevés par rapport à la population nationale
et encore plus élevés par rapport au département.

Par rapport à la population nationale.

Pour les hommes : + 37%   
Pour les femmes  : + 17%    

N.B. Les rapports ARS-ORS de 2019 et 2023 ainsi que PISSTER 2024 et l’infographie sus-citée ont utilisé l’Indice ICM (standardisation dite indirecte) plutôt adapté pour « positionner des territoires sur une période donnée » selon l’ORS.
Le « Taux standardisé » est recommandé pour « interpréter les tendances sur un territoire ».

Quand on compare avec la population de la Loire-Atlantique
C’est dramatique ! 

Pour les hommes : + 49%   
Pour les femmes  : + 34%    

 

 

Bassin industriel – INERIS confirme avec SpF ce que nous disions en 2019

Santé publique France et INERIS ont travaillé de concert sur les bassins industriels en France et la corrélation Pollution industrielle — Santé

cf article précédent.

INERIS a œuvré à l’identification des communes « exposées » au regard des émissions dans les bassins, en s’appuyant principalement sur celles déclarées par les industriels.
Rappelons que ces déclarations ne sont obligatoires qu’à partir de certains seuils, ce qui fait que le recensement est partiel.

Le rapport d’INERIS est disponible sur leur site en format compressé.

Sur les pages 93 et 116, il est cependant possible de visualiser les communes « exposées » , avec les zones qui le sont particulièrement en tenant compte des émissions de polluants  prises en compte et des vents les plus fréquents.

(Merci à INERIS de m’avoir donné des images non compressées beaucoup plus lisibles)

Cela redonne les communes que les associations avaient proposées dans le cadre de la définition du périmètre de l’étude de zone avec notamment l’intégration de Saint-Brévin.

Certes il manque Pornichet dans le résultat d’INERIS. On peut penser que la prise en compte de la zone de Brais, véritable extension de la zone portuaire , entrainerait son intégration voire celle d’une partie de La Baule au regard des vents e Nord-Est.

La présentation de Santé publique France synthétise le rapport détaillé.

La page 3 pose la question de l’existence d’une relation, d’une association entre les données de santé et les données géographiques et  les émissions de polluants industriels.

La page 4 indique clairement les résultats avec les sur-risques identifiés :

Sur-risque d’asthme de l’enfant et de mortalité toutes causes dans les communes situées à proximité d’une ICPE, par rapport aux communes à distance d’ICPE.

La page 5 rappelle que la nécessité d’une certaine prudence à avoir.
Démarche classique surtout quand les données d’émissions utilisées n’avaient pas été concues dans cet objectif.
Traduction : Elles sont incomplètes, partielles car elles ne concernent qu’une partie des ICPE et que les données d’émission ne sont fournies que lorsqu’elles dépassent un certain seuil. En d’autres termes, on pourrait dire qu’elles sont minorées par rapport aux émissions réelles.

Le message de la partie droite est sans ambiguïté :

  • poursuivre les actions de protection des population
    ( car elles sont exposées !)

  • disposer de données précises, exhaustives sur les rejets industriels
    ( car il manque un recensement des émissions et un vrai plan de surveillance des concentrations respirées)

MERCI à SpF et INERIS d’avoir oser écrire ce qui était une évidence quand on regardait les chiffres de surmortalité prématurée de la CARENE
et les quantités de polluants émises
(de BASEMIS , base gérée par Air Pays de la Loire)

 

La chape de plomb explose en morceaux

La chape de plomb  explose en morceaux dans les jardins, fruits et légumes à St-Nazaire et à Gron !

Du Plomb dans les sols de jardins privés analysés  : 1100mg/kg à Méan-Penhoët 
et  110 mg/kg dans le village de Gron. Il y a aussi du Mercure, de l’Arsenic,  du Cadmium à des doses élevées.
Les valeurs trouvées dans le jardin d’une maison située près du stade de Méan dépassent la « valeur d’action rapide » pour le Plomb et le Mercure.

La concentration de plomb trouvée à Méan-Penhoët est analogue à celles découvertes dans les communes situées autour de l’ancien site de la fonderie de plomb METALEUROP à Noyelles-Godault cf article de Science et Avenir    et  Santé publique France où huit cas de saturnisme parmi les enfants ont été détectés.

Analyses dans les sols

Sur les sites publics Ecole Lamartine, Stade de Méan, salle Jean Moulin, stade de Donges, des concentrations moins importantes ont été relevées, sans doute parce que des remplacements de terres polluées ont pu être réalisés lors des derniers aménagements. 

Du chrome VI sur un site de prélèvement situé à Gron en sus de Cadmium, Cuivre, Plomb et Zinc.

Du Chrome VI dans les pommes à Méan-Penhoët, avec une petite dose d’Arsenic et de Plomb !

Analyses dans les végétaux – fruits et légumes

Ces végétaux ont probablement été pollués par des retombées atmosphériques.

Du Plomb à des doses importantes  dans les « laitues » de Gron
et du Chrome VI et du Naphtalène (HAP) dans le romarin à Méan

Analyses dans les végétaux – légumes-feuilles et herbes aromatiques

Ces végétaux ont probablement été pollués par des retombées atmosphériques.

Du plomb à des doses importantes  dans les « légumes-racines » de Gron, Brais, La Camée  avec en plus de l’Arsenic, du Cadmium, du Chrome, du Nickel et du Cobalt

Analyses dans les légumes-racines et tubercules

Ces végétaux ont probablement été pollués via leurs racines .

Synthèse : une pollution forte des sols, très présente depuis longtemps dans ces quartiers qui jouxtent les industries. Les poussières notamment métalliques continuent de se déposer dans les sols et de pénétrer les végétaux « aériens » comme les fruits, les herbes aromatiques, les salades.
Suffira-t-il de les laver pour les assainir ? on peut en douter.

Les concentrations moindres relevées sur les sites publics -ayant   fait l’objet d’aménagement avec remplacement de terres polluées – et  les rapports liés à ces travaux prouvent que ces pollutions importantes étaient connues des services, tant en termes de gravité que d’ubiquité.
( cf. carte de pollution des sols et eaux et des rapports de travaux )

L’usage de remblai de « médiocre qualité » a certainement contribué à diffuser ces pollutions. 
Osons penser que ce temps est révolu et que la pollution des remblais est rigoureusement contrôlée par contrat et sur le terrain.

Phase 4 de l’étude de zone – la chape de plomb éclate

La Chape de plomb  éclate sur Méan-Penhoët et le village de GRON

Ce qui était annoncé est arrivé plus tôt que prévu.
Sans doute à cause de concentrations « hors normes »  de plomb et de mercure découvertes dans les sols et végétaux de Méan-Penhoët et de Gron qui font suite aux concentrations d’Arsenic et autres métaux lourds présents dans l’eau des puits de ces quartiers.

Problème pour l’ARS  : La concentration de Plomb, 1100mg/kg, qui atteint celle trouvée autour du site METALEUROP (cf. article sur le site de Santé publique France de 2023) qui a déclenché de nombreuses analyses pour identifier le périmètre, les impacts sanitaires dont le saturnisme chez des enfants et des actions de gestion et de protection, la réglementation oblige l’ARS à une « réaction rapide » au delà d’une « mise en vigilance ».

Pour des raisons non déclarées, la diffusion des rapports de la phase 3 et 4 de l’étude de zone s’est faite dans la première quinzaine de janvier avec la programmation d’une réunion du Comité d’orientation stratégique le 28 janvier alors que c’était envisagé au mieux au 2eme trimestre 2026

Air : airpl-EDZ_Rapport mesures air_V2 _f_complet

Sols et végétaux : REH2024N02062-RAM-RP-00004_2.0

IEM Interprétation de l’État des Milieux : REH2024N02062-RAM-RP-00005_2.0