Qui oserait se moquer de la population et de la réglementation ICPE ?

Après la disparition mystérieuse d’un merlon de 1200 m3 de terres polluées , avenue de la forme Joubert, fin 2024, il semblerait qu’un énorme bâtiment  de 9444 m2 a été construit par les Chantiers de l’Atlantique(CdA), n°1 rue Thomas Edison, sans que le dossier d’enregistrement n’ait été déposé préalablement et sans que la consultation du public et des communes concernées n’ait eu lieu, alors que des impacts environnementaux sont probables (matières combustibles, batteries, solvants, émissions de composés organiques volatils, gaz inflammables, ..)
 
Il semble que le sous-préfet n’ait été informé que le 28 mai 2026 par une demande d’enregistrement émise par les CdA alors que le bâtiment était quasiment construit comme le montre des photos prises fin février 2026.
Aucun arrêté de sanction n’a été publié à l’encontre de l’entreprise qui « récidive » alors qu’elle met en avant sur son site et dans les conférences son expertise en planification et gestion de projet!  

02/2026 L’ossature est là, murs et toit suivent
les bureaux devant sont là

 

 

 

 

 

 

 

Au delà de l’absence de rigueur dans le respect de la réglementation, l’arrêté préfectoral signé le 5 août 2026 par le sous-préfet de Saint-Nazaire et publié le 11/08/2026, est inquiétant à plusieurs titres.

En effet, il fait état de compléments déposés le 27 juillet, très tardivement -2 mois après la demande- , soit 9 jours avant la signature de l’arrêté..  obligeant l’inspection DREAL à produire un rapport le 3 août, en une semaine.  Un délai très court, ne laissant guère de place aux échanges, et aux demandes de clarification souvent nécessaires.  ( A vérifier lors de la consultation publique)

 

Ce qui est inquiétant 

1) le 11-08-2028 date de parution de l’arrêté, il est mentionné qu’un entrepôt est en cours de construction

Or, une simple visite sur place montre qu’il n’y a plus d’activité de construction et que toutes les signalisations de parking, d’accès voiture, piéton, et entrée du personnels sont en place :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2)Il est mentionné qu’il s’agit d’un « entrepôt » .
or l’examen des rubriques  contribuant à la classification ICPE et à l’enregistrement  indique  la très probable  présence d’activités émettrices de polluants  dans une zone déjà « chargée » avec les émissions d’entreprises comme Ouest-Coating (avec le Cobalt) , FAMAT  et bien d’autres émetteurs « métalliques »..

La rubrique 1510 vise la présence de matières combustibles.  On notera la présence proche d’habitations dans un environnement boisé.

La rubrique 2925 vise la recharge de batteries .. Eléments connus pour le risque d’incendie

La rubrique 1978  permet de considérer ( cf INERIS) la présence de  Solvants Organiques , voire leur utilisation et l’émission de Composés Organiques Volatils(COV) lors de nettoyage de surfaces par exemple.

La rubrique 2940 concerne l’application, la cuisson et le séchage de vernis, peinture, colle ou enduit, opérations susceptibles d’émettre des COV et/ou des perturbateurs endocriniens.

Ces rubriques, les émissions associées donnent une vision différente de celle d’un entrepôt tranquille.
Espérons que les documents qui seront partagés le 15 septembre, compenseront par leur complétude et leur contenu, les agissements quelque peu honteux des CdA.

  • liste et quantités des produits stockés,
  • identification des produits avec substances dangereuses : CMR, perturbateurs endocriniens
  • protection incendie à la hauteur des risques
  • Plan de surveillance avec mesures en continu des COV sur site ou à La Ville Heulin, et de métaux

 et que la consultation du public ne sera pas  « bidon » !

 

 

SUEZ Alternative Fuels & Energies – incendie site Seveso seuil bas – Gandrange

Saint-Nazaire agglo serait-elle protégée en cas d’incendie dans une des nombreuses exploitations industrielles ?

Aurait-on droit  à une déclaration du sous-préfet du genre :
« Ce n’est pas parce qu’une fumée est épaisse et noire qu’elle est forcément toxique. »,
« A cette heure, les risques de toxicité ne sont pas avérés,   des analyses vont être lancées », 
« par précaution, restez chez vous . Confinez vous « ,
ou encore « les analyses faites par les SDIS ne révèlent pas de toxicité » ..  ( Normal  ils ne mesurent pas les fumées noires qui s’éloignent, mais l’air près des flammes qu’ils attaquent)

Les sites industriels sont ils respectueux de la réglementation ? 
En général, au vu des inspections  ( de moins en moins fréquentes)  ..  c’est loin d’être parfait.

L’exemple de l’incendie à Amnéville du site de gestion de déchets de Suez  est révélateur :

selon « le républicain lorrain« , l’entreprise concernée est S.A.F.E .!

La dernière inspection date du 17 septembre 2025 et son rapport montre clairement moult non-conformités notamment dans la prévention et gestion du risque incendie 

Extraits du rapport :

Si Monsieur le sous-préfet de Saint-Nazaire cherche un élément de motivation « local », concernant la population nazairienne, il y a moins de 1600 mètres entre l’entrepôt de produits  -environ 50 tonnes- plus ou moins dangereux gérés par IDEA pour le compte des Chantiers de l’Atlantique et la sous-préfecture.

Par vents de Nord-Est, de nombreux habitants seraient concernés .

Les incendies de Guy Dauphin Environnements et la fuite du P551 de TOTALEnergies ont montré les faiblesses du « système » . 
L’absence de stations de mesures permanentes dans les quartiers proches des industriels ne permet malheureusement pas de connaitre en temps réel la toxicité des fumées respirées.
A minima, il faudrait  installer des stations de mesures de polluants en continu
près des écoles Lamartine, Paul Bert et Albert Vinçon.

Messieurs les responsables,
il faut assumer et donc anticiper . On ne joue pas avec le feu et la vie.

 

Chantiers de l’Atlantique – Une inspection décevante

Le rapport d’inspection DREAL du 23 juin 2026 concernant les Chantiers de l’Atlantique vient d’être publié dans Géorisques
L’analyse des constats DREAL montre de nombreuses non-conformités pouvant impacter les concentrations de polluants respirées par les employés/voisins .

Une grande déception car l’inspection ne mentionne aucunement les premiers résultats du plan de surveillance environnementale que les Chantiers de l’Atlantique se devaient de publier en juin 2026 au regard de l’arrêté préfectoral du 10 octobre 2025 article 1.6.2.
Révèlent-ils des concentrations élevées sur les points qui sont sous les vents passant sur le site au point que la DREAL, arrangeante, ne  souhaite pas en parler ?
Révèlent-ils des faiblesses dans les prélèvements et analyses ? des anomalies  par rapport au point témoin,  qui est mal choisi car certainement influencé par d’autres émetteurs ( Zone du CADREAN)  ?
Ou, les Chantiers ont-ils -suivant l’exemple de YARA- volontairement du retard dans la mise en place des mesures de qualité de l’air autour de leur site ? ..   A suivre dans les prochaines semaines.

Point n°1 Plan de gestion des Solvants :

« les émissions totales 2025 de COVt pour l’atelier Tôles (15,76 tonnes) ne sont pas conformes à la
valeur limite de 11,8 tonnes »

« les actions mises en oeuvre par l’exploitant pour réduire les émissions diffuses ne sont
pas précisées/détaillées« .

Point n°3 Emissions atmosphériques Alvéoles navales et atelier PRS

Des faiblesses dans les vitesses d’éjections des rejets canalisés .
Même pas la moitié de ce qui est prescrit !!  et cela dure .. 2025, 2026 !
– Ce qui entraine une moindre dispersion et donc des concentrations plus élevées aux alentours tant sur le site que hors site.

« les vitesses d’éjection en sortie des oxydateurs de l’atelier PRS et Alvéoles navales ne sont
pas conformes :
* Alvéoles navales : mesures du 14/02/24 à 3,9 m/s pour un débit de 90 200 m3/h
                 (vitesse minimale
à atteindre de 8m/s) ;
* Atelier PRS : mesures du 16/09/2025 à 1,58 m/s pour un débit de 4 220 m3/h
                (vitesse minimale à
atteindre de 5 m/s).
Les rapports 2026 présentés confirment ces non-conformités :
* alvéoles navales 4,1 m/s pour 93 300 m3/h
* atelier PRS 1,6 m/s pour 4 250 m3/h. »

Point n°4 Emissions atmosphériques des grenailleuses

Là encore une anomalie structurelle qui ne date pas d’aujourd’hui !
Les cheminées doivent dépasser d’au moins 3 mètres la toiture.
Ce n’est pas le cas pour tous les rejets, ce qui entraine là encore une moindre dispersion au détriment des employés/habitants.

Or pour les « émissions des grenailleuses, un plan issu du DOE indique un
dépassement de 1,99 m par rapport à la toiture.« 

Chrome VI de la zone de BRAIS vers la BAULE

La DREAL a réalisé en juin 2026 deux inspections dans la zone de Brais, dans le cadre d’une recherche d’émetteurs de Cobalt en sus de Ouest Coating et probablement de FAMAT.
Les deux exploitations ASMETALLERIE et ALTITUDE MECANIQUE sont implantées route de la Fondeline.

La première réalise des travaux mécaniques des métaux et du soudage notamment sur acier inoxydable et aluminium.   Le soudage sur Inox est émetteur de Chrome VI .

La seconde réalise de usinages de pièces en aluminium, acier en inoxydable et en plastique (PEHD et TEFLON.  On peut donc penser qu’il y a des émissions de PFAS et de Chrome VI.

Ces émissions n’ont pas été mentionnées dans les rapports d’inspections.
 ASMETALLERIE_2026-06-18        ALTITUDE_MECANIQUE_2026-06-18
La curiosité ne semble pas être de mise car  il est même mentionné 
« il n’a pas été constaté de rejets atmosphériques issus des installations »
et « Ces installations ne font pas l’objet d’une captation des rejets. »

Difficile de croire que des opérations de soudage ne rejettent rien dans l’atmosphère !

Par vents de Nord-Est, les habitants de la Baule – Côtres –  en souffriront, sans le savoir !

ELENGY – Rejets de NOx et fuites diffuses de méthane qui durent

Le rapport d’inspection du 27 mai 2026 révèle que la situation ne s’améliore guère chez ELENGY concernant les émissions diffuses de Méthane (Gaz à effet de serre) du réservoir n°3.
(cf point n°9). On pourrait même dire que cela a tendance à trainer…

On apprend également le non-respect des valeurs limites d’émission(VLE) pour les NOx

Depuis le 01/01/2025, des nouvelles valeurs limites d’émission (VLE) sont applicables pour le
paramètre NOX, pour les installations de combustion de l’établissement :
SUB’X : VLE de 150 mg/Nm³ au lieu de 225 mg/Nm³ ;
RC : VLE de 120 mg/Nm³ au lieu de 150 mg/Nm³ (entre 2018 et 2025).•
Une VLE est applicable pour le monoxyde de carbone depuis le 01/01/2025.
L’autosurveillance des rejets atmosphériques a été examinée sur la période 2023-2026. Il en
ressort les non-conformités suivantes :
En 2023, la VLE du paramètre NOX est dépassée pour les SUB’X n°1 et n°2 ;
En 2025, la VLE du paramètre CO est dépassée pour les RC n°3, 12 et 16 ;
En 2025 et 2026, la VLE du paramètre NOX est dépassée pour tous les SUB’X contrôlés ;
En 2026, la VLE du paramètre CO est dépassée pour le SUB’X n°7.
Les SUB’X ne disposent pas de système de traitement des fumées nécessaire pour atteindre les
nouvelles VLE. Pour respecter cette réglementation et dans le cadre de la décarbonation de ses
activités, l’exploitant a rappelé que le projet ULYSSE est en cours. L’objet de ce projet est le
remplacement, à horizon 2030, des regazéifieurs à combustion (RC et SUB’X) par des regazéifieurs à ruissellement alimentés en eau par la centrale électrique voisine (ou la Loire en cas d’absence de rejet de la centrale).

Des émissions dangereuses et toujours pas de mesures des concentrations respirées par les habitants du village de GRON,  « abreuvés » par les émissions de St-Nazaire par vents de Sud-Ouest et celles de Montoir par vents de Nord-Est.
Cette situation derait justifier la mise en place d’une surveillance environnementale financée par ELENGY, AIRBUS, IDEA, GPMNSN par exemple avec des mesures permanentes des poussières, des NOx, et des métaux.
A ce jour, aucune station dans ce village !
Quand les entreprises comprendront-elles leur responsabilité environnementale vis à vis de la santé des populations  !?

inspection YARA du 10 juin 2026

Le rapport de l’inspection de juin 2026 vient d’être publié
YARA_FRANCE_2026-06-10

Le lecteur appréciera la pseudo-transparence de la DREAL pour ce qui concerne les risques pouvant impacter la population. Se rend elle compte de ce qu’elle fait en cachant ce qui est demandé, ce qui est réalisé concernant les risques d’explosion liés au stockage d’engrais.  
Quelle confiance peut-on avoir à la lecture de ces cachotteries ?
 


Comment ne pas être légitimement inquiet lorsque l’on constate que la détection de NOx n’est toujours pas en place comme elle devrait l’être malgré les inspections précédentes.

Le lecteur appréciera la quasi absence d’information pour la phase 2 …  
du genre : « vous êtes venus 20 jours trop tôt, Le Porté à Connaissance(PAC) est prévu pour fin juin »

Encore une pratique de non-transparence sur des sujets pourtant à risques !
Ce PAC sera-t-il publié ?