Suite à la réunion du Comité d’Orientation stratégique de l’étude de zone en date du 28/01/2026, un communiqué de presse de la préfecture a été rapidement publié avec des rapports des phases 3 et 4.
Les mots fétiches, magiques fréquemment utilisés par la DREAL sont là :
« Transparence totale » et « Résultats Rassurants ».
10 points que nous n’hésitons pas à qualifier d’inquiétants :
1) La présentation par Santé publique France(SpF) du premier rapport du projet Bassins Industriels et Santé (BIS) réalisé en partenariat avec INERIS, n’est pas citée dans le Communiqué de Presse(CP).
INERIS qualifie d’exposées les communes qui avaient été proposées par les associations au début de l’étude de zone, avec l’inclusion de Saint-Brévin. On ne trouve pas Pornichet car INERIS n’a pas intégré la zone industrielle de Brais dans le Bassin industriel nazairien.
Même avec son habituelle prudence, les messages de SpF sont clairs en termes de sur-risques et de besoins de base de données d’émissions exhaustives et précises.
La formulation insistante utilisée par SpF permet de penser qu’elle craint de ne pas disposer en temps utile des données nécessaires.
Rien de nouveau pour les associations qui demandent depuis 2019 la mise en place de plans de surveillance mesurant en quasi-continu les polluants industriels les plus dangereux.


2) Non-transparence : Aucune mention de la faible représentativité des mesures de polluants dans l’air à cause d’une durée minimale, d’un très petit nombre de site / surface et nombre d’émetteurs et de conditions météorologiques différentes d’une année entière : manque 40% de vents du Sud-Ouest !!
Rose des vents air Métaux 4 périodes manque 40% Sud Ouest
La durée de 8 semaines est soi-disant justifiée par un guide INERIS « Surveillance dans l’Air autour des installations classées » n°201061-2172207.
Problème ! Le guide indique explicitement qu’il traite Un site ICPE et qu’il ne traite pas la surveillance pour une étude de zone. A noter que l’incertitude relative sur la valeur moyenne est de 42% lorsque la durée de mesures est de 8 semaines
cf Une durée de 8 semaines – incertitudes
3) Echec dans les mesures de Chrome VI. Il n’est pas mentionné dans le CP alors que ce polluant est cancérogène sans seuil. Sur les quatre sites de mesures, le Chrome VI a été détecté mais non quantifié.
Rien de surprenant au regard de l’existence de norme inadaptée, de techniques de prélèvements et des analyses non standardisées et défaillantes comme cela a été rapporté par l’Etude INERIS demandée par AIRBUS Atlantic Saint-Nazaire suite au dépassement hors norme ( X 100 ) de mai 2025 pour les rejets de cet établissement.
Le rapport a enfin été mis à disposition le 4 février 2025 (dans le cadre la super-transparence différée) INERIS Analyse critique des méthodologies – AIRBUS SN – Version anonymisée
Dans la conclusion qui constate l’extrême variabilité, on relève que la norme devant cadrer et fiabiliser la mesure n’est pas pertinente et que les bureaux d’études utilisent « leurs » méthodologies. Aucune d’elles n’est indiquée comme meilleure que les autres. !

Pire, il est mentionné (page16) qu’elles ne mettent pas en œuvre les dispositions visant à stabiliser le Cr VI.
En clair, leurs choix contribuent à favoriser la transformation en Cr III et donc à diminuer la quantité de Cr VI. C’est tellement simple qu’il est difficile de croire que ce n’était pas un choix volontairement arrangeant.
En d’autres termes, la prescription préfectorale, fait croire que les rejets et la filtration de Cr_VI sont mesurés, surveillés, contrôlés et on s’aperçoit que les « thermomètres » utilisés ne sont pas ni normalisés ni fiables.
Dès lors, on peut penser que les techniques de prélèvements et d’analyses en laboratoires utilisées par Air Pays de la Loire peuvent aussi être inadaptées, tout en notant qu’il s’agit de mesure en extérieur et non pas sur des cheminées. Quoi qu’il en soit, on ne peut que s’étonner que le sujet « chrome VI » n’ait pas été traité lors du COS.
4) AIR – Une formulation « absconse » – « Une influence des activités humaines sur la qualité de l’air ambiant sur la majorité des polluants (39/46) » .
Une telle phrase chercherait-elle à « noyer le lecteur » sans oser expliciter la situation ?
Difficile d’en comprendre le sens , sans avoir lu le rapport d’Air Pays la Loire, en entier ou à minima sa conclusion qui est fort claire :
Il n’y a pas de dépassement de seuils par rapport aux recommandations de l’OMS quand elles existent sauf pour les particules PM2.5 et PM10, mais il y a des écarts marqués avec le site témoin parmi les Composés Organiques Volatils, les métaux, les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), polluants plutôt dangereux émis dans le bassin industriel.
Une addition de polluants peu rassurante au regard de leur dangerosité
Quelques exemples de ce que l’on trouve ailleurs !
Ecole LAMARTINE sous influence de la zone industrialo-portuaire
NO2 : 3 fois plus que le site témoin
Métaux : Site qui a la plus forte concentration pour l’Arsenic, le Mercure particulaire,
COV : le 1,3–butadiène, cancérogène
HAP : le pyrène
La Ville Heulin : sous influence zone de Brais :
COBALT 38 fois le site témoin , Nickel 5 fois le site témoin, Chrome
La salle Jean Moulin, proche de l’école Albert Vinçon
des métaux à foison : cadmium, chrome, Plomb, Arsenic, Nickel,
un COV cancérogène le 1,3–butadiène ( 3 fois le site témoin)
Oui, le communiqué n’ose pas le dire clairement, il y a bien des polluants industriels dans les airs, des Composés Organiques Volatils, des Hydrocarbures aromatiques polycycliques, des métaux lourds , qui souvent sont dangereux pour la santé, et qui la plupart du temps ne sont pas associés à des seuils réglementaires ou recommandés.
Quand les seuils réglementaires existent, ils sont souvent obsolètes par rapport aux impacts sanitaires . Exemple le seuil des PM2.5 par rapport aux recommandations OMS.
Problèmes :
- l’addition de tous ces polluants industriels mesurés avec ou sans « valeur réglementaire ».
- La communication dans le cadre du Contrat local de santé Intercommunal (CLSI) – ARS et agglomération – se focalise sur la qualité de l’air intérieur. Très bien pour des communes éloignées comme Saint-Joachim. Très insuffisant pour les communes intégrées au bassin industriel, dans lesquelles la purification de l’air intérieur devrait être développée.
- Absence de plan de surveillance environnementale sérieux ciblant les polluants dangereux (métaux, COV, HAP) en sus des réglementés et mise en place de Comité de Suivi de Sites pour piloter la réduction des émissions et des concentrations et alimenter des études épidémiologiques.
5) Sols Déformation des résultats => INQUIETANTS
Raisonnements infondés avec comparaison de sites privés et de site publics
Minimisation
Mensonge hors norme par omission ! en ne citant pas la pollution hors normes au Plomb 1100 mg/kg largement au delà du seuil de vigilance et du seuil d’action rapide (300mg/kg)
Les résultats des analyses des sols sont cinglants. La chape de plomb sur la pollution des sols explose sur 2 des 5 sites privés, Méan et Gron, qui dépassent largement les seuils de mise en vigilance pour le Cadmium et le Plomb. Ce seuil pour l’Arsenic est aussi dépassé à Méan qui explose la « valeur d’action rapide» pour le Mercure et le Plomb. Pour ces 2 métaux, c’est 10mg/kg versus 5 pour le Mercure et 1100mg/kg versus 300 pour le Plomb !
Dans ses commentaires, le bureau d’études cherche manifestement à atténuer ces valeurs hors normes en indiquant que de telles concentrations ne sont pas constatées sur les sites publics du stade Méan et de la Salle Jean Moulin. La gravité de la situation ferait-elle perdre au bureau d’études la nécessaire objectivité et la raison à associer à la comparaison ?
Les sites publics ne devraient pas être comparés avec les sites privés car ils ont certainement fait l’objet d’évacuation de terres polluées, d’apports de terres saines, lors de leurs derniers aménagements. Il serait intéressant de retrouver les rapports d’analyses de sols réalisées lors des travaux sur ces sites.
De même pour le Cuivre et le Zinc, le tableau indique des « valeurs bruit de fond de référence, sol ordinaire ASPITET ». Les cinq sites privés dépassent tous la borne supérieure de la plage indiquée; d’au moins 50% pour le Cuivre et jusqu’à 1200% pour le Zinc à Méan.
On trouve aussi du Zinc dans l’école LAMARTINE et dans le site de Brais, ce qui permet de penser qu’il s’agit de retombées atmosphériques et non pas de remblais historiques.
Curieusement le bureau d’études met dans la même phrase le fait que les teneurs en métaux sont dans la gamme « ordinaire » sauf pour deux sites et sauf pour deux métaux. Cette complexification s’accroit avec l’affirmation comme quoi les dépassements pour ces deux derniers métaux (Zinc et Cuivre) « restent dans la gamme des anomalies modérées » ! Peut-être. Encore eut-il fallu pour être convaincant avec cette formulation minimisant les dépassements que les valeurs de la plage des « anomalies modérées » aient été communiquées.
La concentration de chrome VI trouvée dans le jardin de Gron ne fait –curieusement- pas l’objet de commentaires et l’absence de valeur de comparaison met de coté ce polluant cancérogène pourtant émis par moult industriels à proximité (aéronautique, soudure, ciments, ..).
6) Végétaux RIEN sur les Végétaux Non-transparence, Déformation des résultats => INQUIETANTS
Les pommes de Méan : En l’absence de quantification dans les sols, la présence de Chrome VI – 0,02mg/kg – dans ces fruits permet de penser, à minima, à des dépôts de poussières en contenant d’autant que les recommandations sanitaires mentionnent le lavage des fruits. La proximité des entreprises émettrices est connue (soudage, traitement de surface), les rejets sont importants et difficiles à bien mesurer tant dans les rejets canalisés que dans l’environnement. La présence de Plomb et d’Arsenic dans les pommes ainsi que dans les courgettes est notable.
Les légumes-feuilles : Romarin de Méan, Salades de Gron, et Epinards de la Camée :
La présence de chrome et de chrome VI dans le romarin à Méan d’une part et la présence d’Arsenic, de Cadmium, de Chrome, de Cobalt, de Nickel en sus du Manganèse et du Plomb dans les salades de Gron et les épinards de la Camée confirment les transferts par air de poussières métalliques en sus de la pollution des sols. Là aussi la proximité des émetteurs (aéronautique, métallurgie, traitement de surface, récupération de métaux, .. ) est notable. Mention particulière pour des HAPs : naphtalène et !!
benzo(ghi)pérylène dans le Romarin à Méan.
Les légumes-racines : Les carottes, pommes de terre ou betteraves font le plein de plomb en dépassant la valeur réglementaire applicable que ce soit à Gron, Brais, ou La Camée. Logique au regard des racines plongées dans les sols pollués. Présence quasiment systématique d’Arsenic, de Cadmium, de Chrome, de Cobalt, voire de Nickel.
Le comble : seuls les quelques propriétaires sont informés des précautions à prendre et non pas les « riverains » comme indiqué dans le CP
N’y aurait-il pas besoin d’appliquer le principe de précaution.
L’étude de zone prévoit de mesurer quelques 2-3 dizaines de sols en 2026 .
Trop lent par rapport aux dangers.
7) Puits
Quand on intègre les puits de Gron avec ceux de Méan Penhoët, 50% ont au moins un métal qui cloche !
Une « étude de zone » qui se transforme en étude de « points ponctuels » , avec un courrier aux propriétaires et puis c’est tout.
8) ARS – « vérité alternative »
la réaction n’a pas été rapide
les services de l’État, DREAL et ARS ont été informés par la version initiale du rapport, probablement dès le 15 octobre 2025.
On constate qu’il n’y ait pas eu
- d’information plus rapide des propriétaires de terrain (Méan, courrier du 18/12/2025) pour protéger leur santé,
- de recherche et prise en compte d’informations sur des analyses de sols proches, comme elles autour de l’IME Clémence ROYER fin 2023 qui -d’après la presse- ont révélé des concentrations de Plomb, Arsenic et Mercure et ont conduit à la fermeture du square, et dont les rapports ont été communiqués à l’ARS par la mairie, mais qui n’ont pas été transmis à l’association locale VAMP malgré ses demandes
MAJ du 10/2/2026 . Suite l’obtention du 3e rapport BURGEAP ( il manque les 2 premiers) : Plomb 3900 mg/kg, As 410 , Hg 140
- de recherche et prise en compte d’analyses de sols déjà recueillies dans la phase 1, par exemple celles de 2021 au Parking du Pré Gras situé à 225 m du site C-Méan ( cf carte des sols et puits).
Contrairement à ce qui est écrit dans le communiqué de presse, l’ARS n’a pas informé les « riverains » mais seulement les propriétaires des sites de prélèvements !
Les services de l’Etat ( ARS, DREAL, .. ) n’ont pas cherché à déterminer l’étendue de la zone de pollution contrairement aux « bonnes pratiques » et/ou à la réglementation.
Ils n’ont pas cherché à identifier les sources de pollutions ni rechercher d’éventuels impacts sanitaires (saturnisme) chez des enfants à proximité, et les femmes enceintes.
Une « étude de zone » qui se transforme en étude de « points ponctuels « .
La population est en attente d’une « action rapide » !
9) Une phrase sybilline
« A ce stade, l’hypothèse quant à l’origine de ces niveaux de concentration repose sur la présence de
remblais historiques ».
Est ce une hypothèse ou une affirmation ?
Le rapport IEM fait montre de raisonnements que l’on ne trouve pas souvent dans les rapports d’expert.
Raisonnement bancal dans le Rapport IME pages 48-50 : Il s’appuie sur la campagne de retombées atmosphériques de 2025, voulant démontrer que le fait que ces retombées sont très faibles par rapport aux concentrations mesurées dans les sols est une preuve que ces dernières ne sont que «historiques ». Le problème dans cette « histoire », c’est que la campagne de mesures de ces retombées n‘a duré que 30 jours et qu’elle a rencontré des conditions de vents encore moins représentatives que la campagne d’Air pays de la Loire. 
Le graphique et sa légende montrent qu’il n’y avait quasiment que des vents de Nord-Est et donc cela n’a pas permis aux émissions des Chantiers par exemple d’arriver dans les jauges de retombées.
Donc : Raisonnement avec des données fausses => conclusion erronée !
De telles erreurs décrédibilisent le rapport qui ne propose rien pour les émissions dans l’air (hormis pour le Cobalt de Brais).
Qu’est ce qui permet de penser que les concentrations sont issues de « remblais historiques » ?
La réponse est simple. L’histoire . L’histoire qui est la « connaissance du passé ».
L’utilisation de ce mot « Historiques » permet de penser que les autorités et leurs « experts » connaissent des pollutions de ce type un peu partout depuis longtemps.
Et pourtant elles n’apparaissent pas dans Géoriques ni dans les documents d’urbanisme alors qu’il serait logique de les y trouver pour être informé en tant que locataire, usager ou acheteur potentiel.
Pour en trouver, il suffit d’aller aux archives de la maire de Saint-Nazaire et de rechercher avec les mots-clés « pollution plomb ». => dossier 436W/136 => Ruban Bleu. 
Dès 2006, des concentrations de plomb dépassant largement les seuils de vigilance/action de l’époque ( > VCI Usage Sensible de 400mg/kg) avec un échantillon atteignant 2600 mg/kg ont été trouvées dans le chantier de la Maison du Peuple pour la mise en place du « Ruban Bleu ».
Les riverains ont-ils été informés ? protégés ?
Pas de trace dans les archives de telles actions.
Dans les dossiers BURGEAP-CARENE sols et eaux déposés dans le fond documentaire de la phase 1 de l’étude de zone à la demande des associations, de telles pollutions existent et sont donc connues.
Certaines ont été diffusées sur la carte des sols et eaux.
Pourquoi RAMBOLL, « expert » selon l’auteur du communiqué de presse, n’a t il pas cherché et obtenu ces données « historiques » connues pour le plomb ?
2017 parking du Pré Gras : 12200 mg/kg 
2022 parking du pré gras APRES les travaux : 848mg/kg
Le rapport souligne que le transfert des polluants peut se faire hors site via les eaux souterraines 
2023 square à coté de l’IME Clémence ROYER .
- Plomb 3900 mg/kg, Arsenic 410 , Mercure volatil 140
- des gaz qui s’échappent des sols
Seul un rapport sur les 3 connus a été obtenu malgré les demandes à la mairie, à l’ARS qui renvoie sur la mairie.
10 ) Aucun de ces sites n’est déclaré dans Géorisques, dans les Systèmes d’Information des Sols (SIS)
Est ce normal ? sans doute pas, surtout si le risque existe après les travaux (cf. Pré Gras)
Doit-on en déduire que tous les services de l’État et les collectivité le savent et ont décidé
-
de ne rien dire ?
-
de ne pas déterminer l’étendue des pollutions ?
-
de ne pas informer la population ?
-
et donc de ne pas la protéger ?
Qui aura le courage et le mérite de briser l’omerta ?
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